samedi 3 avril 2010

Le roi du Savoy Ballroom: C. Webb

• L'idée était excellente. Frémeaux & Associés, dont on ne soulignera jamais assez combien ses artisans ont un sens scrupuleux, méticuleux, de l'histoire, l'a eue. Laquelle? Ce label a consacré un double-compact à un chapitre particulier du jazz des années 30: les big-bands et la danse. Cette étiquette française a rassemblé les morceaux qui faisaient chalouper les jambes et bassins de mesdames et messieurs dès les premières mesures des orchestres de Fletcher Henderson, Sidney Bechet, Coleman Hawkins, Erskine Hawkins, Claude Hopkins, Benny Carter, Lucky Millinder, Teddy Hill, Andy Kirk, Jay McShann, Count Basie, Cab Calloway, Duke Ellington, Buddy Johnson, Buddy Tate, Tab Smith et Cootie Williams. Sans oublier celui qui fut le roi incontesté du Savoy, le batteur Chick Webb. C'est grâce à lui en effet que le Savoy devint le point de chute favori des danseurs.
• Dans le texte qui accompagne cet album intitulé The Savoy Ballroom - The House Bands 1931-1955, Jacques Morgantini souligne que l'orchestre de Webb «était le favori des danseurs et la terreur des invités qui devaient l'affronter. Duke Ellington a dit: "Chick et ses gars aimaient défier tous les autres orchestres noirs et blancs, et aussi loin que je m'en souvienne, ils ne subirent jamais la défaite, Chick était toujours le vainqueur même si son rival du moment était le meilleur orchestre du monde! (...) Count Basie, de son côté, disait que rencontrer en joute musicale Chick Webb était une épreuve" qui rendait toujours les meilleurs très nerveux».
• Charlie Buchanan, le manager du Savoy, de poursuivre: Morgantini «était très clair lorsqu'il engageait un orchestre, en soulignant cette règle d'or inflexible: jouer ce que vous aimez, mais avant tout nourrissez les pieds des danseurs». Si la piste se vidait, l'orchestre était renvoyé illico. Suit ci-après un court documentaire sur le Savoy, Webb et autres:

L'affiche improbable: Miles et Neil

• Critique au New York Times, collaborateur de JazzTimes, essayiste et historien, Nate Chinen vient de consacrer un long article, voire une analyse, au premier show de Miles Davis dans une salle alors réputée pour présenter des musiciens de rock, pop, etc. Il s'agit évidemment du Fillmore East où il partagea l'affiche avec Neil Young et Crazy Horse.

jeudi 1 avril 2010

Le retour du cheveu rouge

• Quand on y songe, les pianistes qui font la sieste six pieds sous terre n'ont pas la veine qu'ont les saxos et trompettistes qui forment, eux, le bataillon que dirige Duke Ellington dans un au-delà qui n'est évidemment pas le paradis que les gogos font miroiter aux crédules. De-que-cé? La distribution, une fois encore. À la faveur d'un nombre incalculable d'épiceries musicales, on a constaté que Hampton Hawes, Carl Perkins, Bobby Timmons, Elmo Hope et quelques autres champions de la catégorie mi-moyen étaient les dindons post-mortem des hiatus que les technologies dites nouvelles ont créés sur le flanc de la distribution.
• Toujours est-il qu'on a noté la ré-apparition, dans les environs montréalais, d'un album signé par le champion des champions des mi-moyens. On a nommé Red Garland, soit le pianiste qui a fondu le blues dans le jazz avec une gourmandise pour le bonheur que d'autres n'avaient pas. Point. Intitulé Red In Bluesville, sur étiquette Pestige, cet album a été enregistré avec Sam Jones (Yes!) à la contrebasse et Art Taylor (Re-Yes!) à la batterie. Au programme des classiques du genre: He's A Real Gone Guy, See See Rider, M Squad Theme, Your Red Wagon, Trouble In Mind, et le célèbre St Louis Blues.
• Souvent, beaucoup, beaucoup trop souvent, on a réduit le rôle de Garland à celui d'entremetteur entre Miles Davis et John Coltrane. De quoi rager deux fois plutôt qu'une. Cet album, splendide au demeurant comme le sont bien de ses disques, a ceci de riche en enseignements qu'il met en lumière comme en relief ceci: Garland reste le passeur par excellence du blues au jazz. Pour s'en convaincre, voici le traditionnel See See Rider ci-après:

mardi 30 mars 2010

R. Blake: entre Monk et Satie

• On adore Ran Blake parce qu'il nous refile suffisamment de matières sculptées par lui pour qu'on adore ce qui le passionne, le film noir au premier chef. Oui! Ce pianiste de Boston, ce professeur très réputé, ce théoricien avec d'autres, dont George Russell, de la Third Stream, de la troisième voie, s'inspire énormément du film noir. Il ne cesse de puiser son inspiration dans cette esthétique cinématographique. Pour lui, aujourd'hui, le plus grand cinéaste vivant s'appelle... Claude Chabrol!
• On adore également Ran Blake parce qu'il fait le pont, le viaduc, le saute-mouton, entre Thelonious Monk qu'on adore et Éric Satie qu'on aime tout autant. L'automne dernier, Blake a publié un autre album en solitaire, exercice réputé casse-gueule mais dans lequel, lui, excelle. Cette nouveauté s'intitule Driftwoods. Elle a été éditée par l'étiquette Tompkins Square. Elle est faite de morceaux, certains joyeux, certains sombres, qui ont ponctué nombre de films et de morceaux déclinant carrément des drames. On pense à sa reprise du célèbre Strange Fruit de Billie Holiday.
• On vous en parle aujourd'hui parce que Driftwoods continue d'être le sujet d'éloges. Il y a de quoi, amplement de quoi, si on goûte la note aiguisée, affûtée jusqu'à sa dernière extrêmité. Drifwoods, comme d'ailleurs bien de ses productions en solo, c'est le jazz des nuits noires. Des nuits sans aucun clair de lune.
• Il y a peu, Blake était l'invité d'Eric Jackson, qui anime depuis des décennies une émission de jazz à la station de Boston du réseau radio de NPR. Avant que ce dernier ne pose ses questions, Blake rend hommage à Chabrol, quinze minutes durant, tout en insérant, ici un folklore aux accents italiens évidents et là un gospel. Voici ce «coquetelle» de dialogues et de beautés sonores.
P.-S.: pour écouter cette émission, faut quelque peu travailler. Ne vous en faites pas, c'est simple. Une fois que vous avez cliqué sur le lien ci-dessous, vous serez sur le site de la radio WGBH. Après quoi, il vous suffit de repérer la rubrique audio-this afternoon, qui est en fait située juste à droite d'une photo. Une fois cela fait, vous déroulez les sujets jusqu'à ce que vous tombiez sur Blake. Pour être exact, Blake est le onzième sujet de audio-this afternoon.

Le solde du mois: Jimmy Giuffre

• Ce solde-là, il sent l'histoire des droits d'auteur à plein nez, à gros nez. Mais bon, on ne s'en plaindra pas parce que... Parce que pour une rare fois le consommateur qu'on prend pour un cochon de payant, pas un cochon d'Inde, mais de Chine, soit un gros cochon au sens évidemment physique du terme, en est le principal bénéficiaire.
• C'est tout simple: une nouvelle étiquette baptisée The Pool Winners s'est employée à combiner deux albums enregistrés il y a plus de cinquante ans par tel ou tel musicien, donc libres de droits et qu'elle publie aujourd'hui sous la forme d'un compact. L'intérêt? Au sens économique, il est bas. Chaque CD est vendu à 11 $, ou 10,99 $, comme se plaisent à le dire les «bleachés BCBG» du marketing, donc du courant tarte à la crème de la science économique.
• Parmi les premières parutions de la série, on a retenu les noms de John Coltrane, Miles Davis, Zoot Sims, Woody Herman et surtout Jimmy Giuffre. Dans son cas, The Pool Winners a regroupé The Jimmy Giuffre 3, sans cesse redistribué, et Trav'lin Light, qui lui l'était beaucoup moins. En fait, ce dernier disparaissait des bacs des disquaires durant de longues périodes. De quoi faire rager d'autant plus l'amateur que ce vice était également une insulte à un grand monsieur, un grand créateur.
• Bon. On a peut-être oublié que ce trio c'était Giuffre au ténor, au baryton et à la clarinette, Jim Hall à la guitare et Ralph Pena à la contrebasse. Lors de la sortie du Giuffre 3, leur jazz de chambre, leur jazz calme, subtil et un tantinet planant avait épaté. Notamment leur interprétation d'un vieux folklore qu'ils avaient restauré et non rénové. Le titre? The Train And The River. Le voici:

So Jazz: Ahmad, Eddie et Miles

• Tiens, Ahmad Jamal est encore en couverture. Pour son troisième numéro, le mensuel suisse So Jazz a fait comme Down Beat qui avait fait comme Jazz Magazine: un brin de causette avec Jamal. Ça vous a «force-aimant» un petit côté répétitif qui plaira aux seuls maniaques du Ahmad' Blues, sans doute heureux que le pianiste originaire de Pittsburgh soit le sujet d'attentions simultanées conséquentes à la sortie d'un nouvel album, Quiet Time sur étiquette Dreyfus Jazz.
• N'empêche que ce So Jazz propose son lot de singularités. Il y a d'abord cet entretien avec l'acteur Don Cheadle, qui est en train de réaliser un film dont il a écrit le scénario. Le sujet? Miles Davis. De ses propos, on a retenu celui-ci: «Ce ne sera pas une biographie classique. Ce sera quelque chose de plus déconstruit. Plutôt un film dont il sera la star, pas un film retraçant son histoire de A à Z. À quoi bon? Il faudrait bien plus d'un film pour y parvenir, et des documentaristes de PBS ou de la BBC le feraient bien mieux.»
• Autre article intéressant, celui consacré au cinéaste Melvin Van Peebles, qui a converti son film Sweetback's Badasssss Song en opéra, pour lequel il a requis les services ou plutôt les talents des musiciens du Burnt Sugar - The Arkestra Chamber. La particularité de celui-ci? Faire le pont entre Igor Stravinski et Robert Johnson, entre Miles Davis et Funkadelic.
• Enfin, il y a ce portrait du bluesman Eddie C. Campbell, l'un des derniers survivants de cette génération qui articula ses premiers balbutiements sur les rives du Mississippi avant de migrer vers Chicago. Les amateurs de la note bleue et crue devraient d'autant plus apprécié cet article que cela faisait des lunes qu'on n'avait pas eu des nouvelles du propriétaire de la guitare rose et écaillée. Voici d'ailleurs une vidéo enregistrée récemment en... Patagonie!


jeudi 25 mars 2010

Le tromboniste de la tenacité

• Il est compositeur comme il est courageux. Il est arrangeur comme il est tenace. Il est surtout tromboniste plus amoureux que d'autres de cet instrument confronté à un coefficient de difficulté plus élevé qu'ailleurs. De-que-cé? Séduire ou convaincre par trombone interposé est plus hasardeux que sur le saxo ou la «trompinette». De qui s'agit-il? Richard Gagnon qui vient de produire une nouvelle ode à cet instrument relégué pendant des années au rôle de figurant avant que J. J. Johnson ordonne son émancipation en mettant en relief ses lettres de noblesse sonore. Notamment sur les tempos de la ballade.
• Bon. Gagnon vient de publier un album intitulé Suite, tout simplement, et qui ne regroupe, outre la formation rythmique classique, que des trombones, rien que des trombones. Soit ceux de David Grott, David Martin, Jean Nicholas Trottier, Serge Arsenault, Robert Ellis au trombone basse, auquel s'est joint le New-Yorkais Steve Davis, auprès de qui Gagnon a d'ailleurs étudié. Gaétan Daigneault est au piano, Frédéric Grenier à la contrebasse et Richard Irwin à la batterie. Le nom du groupe? Trombones Actions.
• Bien. Cet album paru sur étiquette R. G. Productions, et que Select distribue, est de facture classique, dans le sens respectueux du terme. Ici, les accents rappellent ceux des big bands sur lesquels celui de Thad Jones-Mel Lewis avait imprimé ses marques. Là, les pulsions chaloupées de Gagnon ou de Davis ou de Trottier font écho au «bibeaupe» brandi et défendu par Slide Hampton. C'est soudé, si bien soudé que rien ne dépasse, rien ne se perd. Cet orchestre est d'une homogénéité remarquable, méritant donc d'être salué mille fois plutôt qu'une. D'autant que, sur les ballades, Gagnon est sa bande nous régalent. Chapeau!
• P.-S.: Gagnon et Trombones Actions occuperont la scène de L'Astral demain soir. Le show sera précédé d'un 5 à 7 au cours duquel sa Suite sera lancée.
• P.-S. 2: Steve Davis jouant trop peu souvent à Montréal, on vous propose ci-après un neuf minutes moins une seconde de calme.

mardi 23 mars 2010

La ferme de Levon Helm

• Voici un «docu» d'une vingtaine de minutes dont Levon Helm, batteur, chanteur et pinceur de mandoline, est le sujet. En fait, on devrait parler de Levon le guide des fermes de l'Arkansas — il est né dans cet État —, où des métayers, où ses anciens voisins, s'échinent à cultiver des lopins qu'ils seront probablement les derniers à avoir creusés.
• Ces damnés de la terre, c'est le cas de le dire, pour lesquels il éprouve une affection évidente, ont été les moteurs comme les acteurs de Dirt Farmer, album très touchant, album accompli à l'aune du réalisme le plus cru qui soit. Entre deux dialogues avec ces cultivateurs, le cinéaste a évidemment glissé des morceaux du disque produit par le guitariste Larry Campbell, qui avant de rejoindre Helm fut membre du groupe de Bob Dylan pendant une quinzaine d'années.
• En 2009, Dirt Farmer obtint le Grammy du meilleur album dans la catégorie americana. Idem cette année pour la suite intitulée Electric Dirt. Aux amateurs de cinéma et de Bertrand Tavernier en particulier, signalons que Helm campe le rôle du général Hood dans le film In the Electric Mist, adapté du roman du même nom que James Lee Burke publia il y a plus de dix ans de cela.


samedi 20 mars 2010

S. Rollins au micro de NPR

• La station radio de Boston du réseau NPR a invité récemment Sonny Rollins dans ses studios pour un entretien mené par Tom Ashbrook, un généraliste de l'information. Bob Blumenthal, historien et critique de jazz réputé, s'est joint à l'entrevue. La nouvelle des nouvelles? Celui-ci vient de terminer une biographie consacrée au dernier des géants. Intitulée The Sax Colossus, elle paraîtra en septembre prochain.
• Le 27 juin, Rollins se produira dans le cadre du Festival de jazz de Montréal.

vendredi 19 mars 2010

M. Browne au Griffintown

Michael Jerome Browne, guitariste, banjoiste, violoniste, harmoniciste, archéologue des blues les plus anciens, archiviste des ballades des Appalaches et des sursauts contestataires qui s'entendaient dans les mines de la Virginie de l'Ouest, Michael Jerome Browne, personnification de l'americana ou roots, c'est au choix, se produira en solitaire au Café Griffintown, le 20 mars. L'adresse? 1964, Notre-Dame Ouest. L'entrée est gratuite. Note: le show commence à 19h.
• L'occasion faisant le larron, on en profite pour conseiller vivement, vivement à la puissance 10, l'acquisition des albums que cet ancien du Stephen Barry Band a publiés sur étiquette Boréalis et auparavant sur Productions Bros. Ils sont tous de qualité totale Iso 9000. Boutade mise à part, Browne est un seigneur sans le comportement aristo.

jeudi 18 mars 2010

M. Hawkins pour le plaisir

• Ce n'est pas une nouveauté. C'est même une vieillerie qui n'est pas pour autant une antiquité. C'est Coleman Hawkins, l'homme qui a fait le saxophone ténor, même si c'est le Belge Adolphe Sax qui l'a inventé, cet instrument dont on ne savait trop quoi faire jusqu'à ce que Monsieur Hawkins en dresse la carte du tendre. Du tendre qui défend le son long, le son pesant. Le son rugueux.
• C'est Hawkins dans ces dernières années. Hawkins qui revient le plus souvent possible au début des origines, donc au blues. À la guitare, c'est fort probablement Tiny Grimes, à la batterie, c'est tout aussi probablement Osie Johnson. À la contrebasse, ça se complique. Ça pourrait être Gene Taylor ou Jimmy Woode. Au piano, alors-là, c'est le brouillard. Chose certaine, c'est un régal. Après une longue introduction à la guitare, Hawkins renvoie le blues dans ses câbles comme plus personne ne sait le faire aujourd'hui.
• P.-S.: ça s'intitule South of France Blues parce que tout un chacun sait fort bien que Pernod est le seul alcool qui fait boire de l'eau. Don Camillo n'aurait pas dit mieux.

mardi 16 mars 2010

Chicago Blues: A Living History

• La revue Chicago Blues: A Living History fait sa récolte de trophées. En moins d'un mois, ces artisans ont raflé les palmes du meilleur album 2009 décernées par la Blues Fondation à laquelle est associé l'excellent magazine Living Blues, que publie le Center for The Study of Southern Culture de l'Université du Mississippi, l'Académie du jazz en France et quelques autres qu'on oublie après avoir raté de peu celle des Grammy's.
• Publié en avril 2009 par Raisin Records, ce Chicago Blues : A Living History, un double compact, est en fait la réunion des limiers de la génération qui ont succédé à Muddy Waters, Willie Dixon, Little Walter et autres. Qui sont-ils? Le guitariste John Primer, qui a débuté avec Muddy Waters, l'harmoniciste Billy Branch, un ancien de la phalange commandée par Dixon, le guitariste Lurrie Bell, fils de l'harmoniciste Carey, une solide formation rythmique et une exception: le vétéran Billy Boy Arnold à qui les Yardbirds doivent l'un de leurs premiers succès, si ce n'est le premier, soit I Wish You Would.
• Le documentaire qui suit combine extraits de spectacles et entrevues avec ces messieurs. Pour le visionner, il suffit de cliquer à la rubrique film du site Raisin Records, auquel le lien ci-après vous mène:

lundi 15 mars 2010

Actualités d'ici et d'ailleurs

• Dans le cadre de la série Jazz en rafale, le trio du pianiste Yaron Herman, accompagné d'un quatuor à cordes, se produira à L'Astral le 18 mars. Prix du billet? 26,50 $ ou 18,50 $ si on est étudiant. Le 19 mars, les pianistes François Bourassa et Jean-Michel Pilc occuperont la même scène. Le billet? 22,50 $ ou 15,75 $ pour l'étudiant. Quant à l'excellent saxophoniste André Leroux, il a invité le batteur new-yorkais Ari Hoenig pour son show du 20 mars. Le prix? 22,50 $ ou 15,75 $.
Jazz en rafale s'étant associée au Upstair's, ses promoteurs y présenteront évidemment des spectacles. Les 19 et 20 mars, le saxophoniste Samuel Blais déclinera ses compositions et interprétations en compagnie du contrebassiste Larry Grenadier. Plus tard dans le mois, le contrebassiste montréalais Brian Hurley sera flanqué du guitariste Peter Bernstein.
• Actuellement, l'acteur Don Cheadle (Crash, Ocean Eleven, etc.) réalise et joue, en plus d'avoir coécrit le scénario, un film consacré à Miles Davis. Herbie Hancock a été nommé grand shaman de la bande sonore.
• Le cinéaste Jerry Zaks termine présentement le montage d'un film intitulé Who Do You Love. Le sujet? L'étiquette blues par excellence Chess Records. Le contrebassiste Christian Mc Bride campe Willie Dixon, cheville ouvrière de ce label fondé par les frères Chess à Chicago, alors que Robert Randolph joue le rôle de Bo Diddley. compositeur de Who Do You Love.
• En France, L'Académie du jazz a décerné son prix du meilleur disque de l'année 2009 à Allen Toussaint pour The Bright Mississippi, que Joe Henry avait produit (YES!). On se rappellera que les couillons des Grammy's avaient ignoré cette splendeur, à tel point qu'elle ne fut même pas inscrite sur la liste des meilleures galettes de 2009. Le prix de la meilleure réédition est allé au People Time - The Complete Recordings de Stan Getz et Kenny Barron édité par Emarcy/Universal. C'est grandement mérité. L'album blues de 2009? Chicago Blues: A Living Story de Billy Boy Arnold, John Primer, Billy Branch et Lurrie Bell sur Raisin/Socadisc.

Viva Toussaint


samedi 13 mars 2010

Christian Scott l'écorché

• En couverture du numéro d'avril — je sais, nous sommes encore en mars, mais les Nosferatu du marketing adorent sucer le sang de l'argent à l'avance —, en couverture donc du numéro d'avril du mensuel Down Beat (5 $), qui retrouve-t-on? Le jeune trompettiste Christian Scott qui, entre autres qualités, est plus allumé que bien des musiciens de son âge. Lui mis à part, la rédaction de ce magazine propose la liste des 25 meilleurs enregistrements de big band selon le sieur Frank-John Hadley. Que Charles Mingus se retrouve à la 25e place, soit loin derrière Maria Schneider, nous a quelque peu agacé. Remarquez que ces histoires de podium sont autant de casse-gueules.
• Sinon, quoi d'autre? Des portraits du guitariste Kurt Rosenwinkel, du pianiste Robert Glasper et du saxophoniste Ted Nash. Mais la très grande nouvelle, du moins pour nous, c'est que Mose Allison, l'auteur adoré de If You Live, l'auteur vénéré de Parchman Farm, que Mose Allison le lettré, le William Faulkner du blues (oui!), vient de sortir un album produit par Joe Henry (yes!). Cela faisait une décennie que nous n'avions pas eu de ces nouvelles, discographiquement causant.

Pat Matheny et la machine

• Dans le numéro courant de Jazz Magazine/JazzMan (9,50 $), le guitariste Pat Metheny explique longuement pourquoi et comment il a conçu l'orchestrion, soit cet assemblage d'instruments hétéroclites qu'il dirige à même sa guitare grâce à «la machine». Quoi d'autre? La chanteuse Anne Ducros questionne Charles Aznavour, qui vient d'enregistrer avec un big band. Quoi d'autre (bis)? Des articles consacrés à François Couturier, Dave Liebman, Jeff Watts, Jean-Michel Pilc et Jean-Loup Longnon plus les rubriques habituelles.
• Dans la vidéo qui suit, Metheny s'épanche sur la génèse de son invention, en plus évidemment d'en faire des démonstrations. C'est très étonnant.

jeudi 11 mars 2010

Le Casque d'or et le «djasse»

• Grand réalisateur de films, on lui doit Casque d'or, Touche pas au grisbi, Antoine et Antoinette, Le Trou et autres histoires en noir et blanc qui vous tiennent très réveillés, Jacques Becker avait une telle passion pour le jazz que jeune homme il s'engagea comme stewart sur les paquebots qui faisaient la navette Le Havre-New York afin d'entendre ses héros. Bon.
L'Institut national de l'audiovisuel de France vient de mettre en ligne un entretien réalisé en 1956 au cours duquel le père du cinéaste, Jean Becker, lui réalisateur de L'Été meurtrier et des Enfants du marais, entre autres, parle du jazz de Saint-Germain-des-Prés en particulier et de l'utilisation du jazz dans ses films.
• P.-S.: L'entrevue dure plus de 6 minutes en tout. Après avoir écouté la première partie qui dure 4 minutes et quelques secondes, il suffit de cliquer sur l'image représentant le cinéaste pour entendre la deuxième partie.

C. Haden, E. Pieranunzi, B. Higgins

• On vous l'annonce d'emblée, il s'agit d'un coffret qui n'est pas encore dans les bacs des disquaires. D'un coffret qu'on a donc reçu. Mais comme c'est du costaud, on l'évoque aujourd'hui avant de vous préciser ultérieurement sa sortie officielle. Voilà, le label italien Black Saint et son jumeau Soul Note, immense label des années 80 et 90, ont rassemblé des enregistrements réalisés par le contrebassiste Charlie Haden.
• Parmi eux, il y a un disque splendide. Un trio formé avec le batteur Billy Higgins et le pianiste Enrico Pieranunzi. En leur compagnie, Haden, dont les premiers pas sur la planète jazz ont été possibles grâce au Montréalais Paul Bley, a interprété neuf morceaux rassemblés dans cet album intitulé First Song. Lorsqu'on s'attarde au parcours du grand Charles, on se dit que cette production symbolise LE changement dans la vie musicale de celui-ci. Elle annonce la suite et notamment la création du Quartet West. Autant Haden était aventurier aux pieds nus avec le Old And New Dreams, autant il dévoile avec Pieranunzi son amour pour des ballades qui firent la fortune de Bill Evans. First Song, c'est du grand art. Grâce à qui? Pieranunzi, que voici d'ailleurs au Duc des Lombards, à Paris, en trio:

N. Payton live au Vanguard

• Le trompettiste Nicholas Payton, dont le visage encore jeune cache trente ans de carrière, était à l'affiche du Village Vanguard cette semaine. Il était accompagné de Taylor Elgsti au piano, de Vicente Archer à la contrebasse, de Marcus Gilmore à la batterie et de Daniel Sadwnicj aux percussions. Le réseau NPR a enregistré le premier set du show de mercredi 10 mars que voici:

mercredi 10 mars 2010

Le Lann nocturne

• Il s'économise, Le Lann, Eric de son prénom, trompettiste de passion. À sa manière, il est une contradiction de Lee Konitz ou Paul Bley côté production. De-que-cé? Il n'aligne pas trois ou cent albums par an. Mais quand il en sort un, c'est la joie comme dans y'a de la joie. Toujours est-il qu'il y a peu, le Breton s'est acoquiné avec trois Américains qui ne sont plus des jeunesses sans être pour autant des vieux de la vieille. Soit le pianiste David Kikoski, le contrebassiste et producteur de la session Douglas Weiss, ainsi que le batteur Al Foster, qui fut dans les années 70 l'espion de Miles Davis. Oui, oui... l'espion! Lorsque ce dernier avait décidé de se mettre entre paranthèses, c'est Foster, avec la complicité de Gil Evans, qui rapportait au maître des All Blues les nouvelles de la scène musicale.
• Bon, de quoi s'agit-il? Le Lann vient de publier un album sans nom particulier sur l'étiquette française Plus Loin Music, qui a succédé, pour ainsi dire, au label Nocturne ayant sombré corps et biens lors de la tourmente qui a ratiboisé quantité de petites compagnies. À moins que l'on soit totalement dans le champ comme dans les patates, ce qui se pourrait fort bien, cet album serait le premier à paraître sur Plus Loin Music.
• Bien, et l'album, direz-vous? Il est coton. Oui, oui... c'est de la ouate de grande qualité. Drôlement bien tissée, drôlement bien ficelée. Le résultat est d'autant plus remarquable, convaincant et séduisant que la plupart des morceaux proposés ont été écrits par un Le Lann ayant acquis une telle maturité qu'il s'est affranchi des genres ou styles. Comme s'il avait décidé d'effectuer un décloisonnement. Comme s'il avait décidé d'emprunter ceci à Davis, cela à Chet Baker, une grosse pincée à Art Farmer et une autre à Woody Shaw pour en faire une alchimie qui lui soit propre. Avec ce disque, Eric Le Lann se pose en classique dans le sens élégant du terme et non antique.
• P.-S.: on a trouvé notre copie chez Archambault-Berri. Le prix? 25 $ sans les taxes. Comme Plus Loin Music a un représentant à Montréal, ça s'obtient facilement.
• N.B.: dans le vidéo ci-dessous, Le Lann joue Yesterdays, le standard de Jérôme Kern, avec Billy Hart à la batterie et non Foster, ainsi qu'avec Thomas Bramerie à la contrebasse et non Weiss.

dimanche 7 mars 2010

In memoriam: James Williams

• Bonne idée! Histoire de rappeler les grandes heures du pianiste James Williams, un autre pianiste vient de rassembler autour de lui cinq instrumentistes. Le pianiste? Mulgrew Miller, qu'on voit moins sur scène aujourd'hui parce qu'il enseigne davantage qu'hier. Toujours est-il qu'il a fait appel au saxophoniste Dave Demsey, au flûtiste, clarinettiste, saxophoniste Bill Easley, au trompettiste Bill Mobley, au contrebassiste Ray Drummond et au batteur Rodney Green pour mieux ponctuer, à leur façon, les compositions, les arrangements et le style de Williams.
• Williams vient de Memphis. Il vient d'une ville qui a donné au jazz, façon de causer oralement évidemment, Phineas Newborn, dans l'ordre du temps, Harold Mabern (Yes!), George Coleman, Charles Lloyd (Re Yes!), Frank Strozier... Et alors? De ces derniers voisins, il fut celui qui s'attela avec le plus de méticulosité à mettre en relief la palette gospel — sacré nom de Dieu! — que les musiciens de Memphis, Tennessee, ont imprimée sur la note bleue si athée à son origine.
• Williams fut un Jazz Messenger. Miller le fut et le reste. Mabern également. Il y a peu, Miller a donc décliné le bonne parole revue mais pas corrigée par Williams. Mabern en a fait tout autant à Paris dans un club au nom contredisant certains principes républicains. On vous propose une retransmission du show du premier capté par NPR et un extrait du show du deuxième au Duc des Lombards.


jeudi 4 mars 2010

Le mois du Upstair's

• L'affiche composée par le Upstair's pour le mois de mars se conjugue avec des éclaireurs de la scène new-yorkaise. Demain, le saxophoniste Tony Malaby va prendre la direction de Montréal où il se produira, dans la soirée évidemment, avec le trio de la pianiste Marianne Trudel. Samedi aussi, ils occuperont la scène du Upstair's. Après lui, la batteur Matt Wilson, le contrebassiste Larry Grenadier et le guitariste Peter Bernstein accompagneront également des musiciens montréalais dans la cadre de Jazz en rafale.
• Tony Malaby... Ce qu'on apprécie beaucoup chez lui, c'est d'abord ce son sculpté dans le lourd, le profond. Mettons qu'il est plus Sonny Rollins que Chris Potter. Rien de sec, rien d'évanescent. Il a un côté franc du collier. Quelque chose de rugueux et de volontaire qui contraste avec les sempiternelles retenues nordiques de ECM. Bref, il a UN son. Une palette qui lui vient de sa longue fréquentation d'agrégés en improvisation: Paul Motian, Charlie Haden dans sa version Liberation Music Orchestra, Mark Elias, Michel Portal, Daniel Humair, Fred Hersch et bien d'autres.
• Au cours d'un entretien téléphonique, il a longuement expliqué comment et pourquoi il aimait l'improvisation. Dit autrement, il est enclin à l'aventure, l'aventure risquée. Il joue dans l'instant parce que jouer en solo dans une salle du Mans en France, ce n'est pas comme jouer en solo à Minneapolis. Tout lieu proposant des caractéristiques bien trempées, il faut selon lui s'adapter. Si vous avez la fibre de la curiosité bien prononcée et que vous appréciez être parfois déstabilisé, alors son album Voladores, publié récemment par l'étiquette Clean Feed Records, devrait vous combler. Le voici jouant dans le cadre de l'Electric Bop Band de Motian.

mardi 2 mars 2010

Sacré Bill Wyman!

• Bon, on sait que Bill Wyman fut le bassiste des Rolling Stones pendant, quoi? Une trentaine d'années. On sait trop peu que cet archéologue plus qu'amateur — il a conçu avec des technos un détecteur de métal —, que ce grand ami du peintre Marc Chagall à qui il a consacré un DVD-CD, est le fondateur-animateur- patron du groupe le plus captivant que la Mère Albion nous ait fourgué au cours des quinze dernières années.
• C'est bien simple, lui et le guitariste Terry Taylor, le chanteur et organiste Georgie Fame, le guitariste Albert Lee, le batteur Graham Broad, les saxophonistes Nick Payne et Frank Mead, la chanteuse Beverley Skeete, et occasionnellement le pianiste et chanteur de Procol Harum Gary Brooker savent tout faire, tout jouer: le vieux blues, le vieux jazz, le swing, le rock, etc. À travers cinq albums en studio et autant de live, ils déploient un savoir-faire qui se confond avec le plaisir, le plaisir de jouer ceux qu'ils ont envie de jouer. Et alors? Sur son site, celui qu'on surnommait l'entrepreneur de pompes funèbres vient de réactualiser une pièce de J. J. Cale: Anyway The Wind Blows.

Les hommes d'honneur

• Les hommes d'honneur s'appellent J. D. Allen, saxophoniste ténor, Danny Grissett, pianiste, Dwayne Burno, contrebassiste, Gerald Cleaver, batteur. L'éclaireur de la bande se nomme Jeremy Pelt, trompettiste. Les uns et les autres se fréquentent dans des formations à géométrie variable depuis plusieurs années. Autrement dit, musicalement causant, ils évoluent davantage dans le territoire de la complicité que dans celui de la simple connaissance.
• Toujours est-il qu'après une décennie d'enregistrements parus sur diverses étiquettes, le label High Note a mis Pelt sous contrat. Aujourd'hui, lui et ses gardiens de notes denses conçues par leurs grands aînés pour exprimer une rage politique dont désormais on oublie trop souvent le bien-fondé proposent un album intitulé The Men Of Honor. Dès les premières notes du premier morceau, Backroad, on a tracé une diagonale, on osera dire naturellement, entre ces hommes d'honneur d'aujourd'hui et les messagers du jazz d'hier. Avec cette production, Pelt et ses amis se posent en effet comme les intendants sourcilleux, à juste titre d'ailleurs, des enclaves défrichées par Art Blakey et Horace Silver.
• À l'évidence, Pelt et ses compagnons observent le devoir de mémoire à l'égard de Blakey-Silver parce que le combat que ces deux-là ont mené, avec d'autres évidemment, doit être poursuivi quand on songe qu'ici et là, dans le monde dit confortable, une réactualisation de la ségrégation qui ne dit pas son nom est en cours. On entend déjà, et à notre tour on rage, les critiques qui vont taxer ces hommes encore jeunes de «conservateurs», le petit-bourgeois adorant jeter l'anathème pour se dédouaner.
• Dans cette histoire, le meilleur est certainement ceci: nos hommes d'honneur ont composé toutes les pièces de ce disque. Puis? C'est virevoltant ici, intense là, et jamais, jamais, ennuyeux. Chapeau!
• P.-S.: dans le vidéo ci-après, on peut entendre Pelt jouer en compagnie du saxophoniste Joe Lovano Milestones de Miles Davis avec le big band de Bob Belden.

dimanche 28 février 2010

Le cousin de Monk: Sun Ra

• On aime, on adore Sun Ra. Tellement, qu'on lui en veut quelque peu. Parce que, derrière ce paravent fait de science-fiction touillée dans le fait-tout de l'astrologie, se cache un pianiste singulier, autrement dit un pianiste ayant du caractère, de la personnalité. Un pianiste ensorcelé par l'originalité. Qui plus est, ce diable d'esprit composa, arrangea, à chaque miette de temps qui lui fut accordée, des pièces qui concentrent en une avenue tous les carrefours du jazz et du blues. Oui! Du blues. Il était et demeure le contemporain essentiel de Monk et de Duke Ellington.
• Toujours est-il qu'on vient de re-faire l'acquisition de Purple Night, un des deux albums que le Roi-Soleil, version américaine de Philadelphie, avait confectionnés pour l'étiquette A&M. Évidemment, les saxophonistes John Gilmore et Marshall Allen, le tromboniste Julian Priester, le flûtiste et altoiste James Spaulding ainsi qu'une quinzaine d'instrumentistes sont de la partie, dont Don Cherry (Yes!) à la trompette et John Ore... qui fut le contrebassiste de Thelonious Sphere Monk. Cet album est un régal version joyeuse.

12 $ plutôt que 20 $ et davantage

• C'est une histoire de prix. Pas celui des hommages ou des récompenses, mais bien celui du revient. Le prix de revient. Voilà, il y a deux ou trois ans de cela, l'étiquette française Nocturne s'est attaquée, elle également, à la réédition de morceaux braisés il y a des lunes par Count Basie, Duke Ellington, Jimmie Lunceford, John Kirby et d'autres, en demandant au caricaturiste Cabu d'orner les pochettes de ses productions.
• Jusqu'à présent, du moins pour nous à Montréal et à Québec, la très grande majorité des disquaires ont imprimé, pour ne pas dire imposé, des prix à faire pâlir d'envie la déesse maléfique de l'inflation. Mais voilà-t-il pas qu'à la faveur de notre épicerie musicale hebdomadaire, on a constaté que La Bouquinerie du Plateau, 799, Mont-Royal Est, proposait plusieurs albums de cette série à un prix de moitié inférieur à celui qu'exigent, c'est le cas de le dire, les grandes chaînes. Ce qui précède n'est pas une «plogue» mais relève bien de l'hygiène financière. Because, on prend encore et toujours le consommateur pour un cochon de payant.

samedi 27 février 2010

Show du samedi: R. Coltrane et G. Allen

Ravi Coltrane a une qualité immense: il est le saxophoniste des emportements. Cela est d'autant plus précieux qu'il en manque passablement, des emportés. Geri Allen a eu une qualité singulière: elle est une pianiste habitée. Cela devrait être d'autant plus prisé qu'aujourd'hui trop de pianistes sont sages. Les voici tous les deux, accompagnés par le contrebassiste Drew Gress et le batteur E. J. Strickland, en direct du New Jersey.
• P.-S.: le show d'une heure et quelques minutes débute après une présentation de deux minutes et des poussières de temps.

Down Beat chez A. Jamal

• À Pittsburgh sont nés de très grands pianistes: Erroll Garner, Mary Lou Williams, Dodo Marmarosa et Ahmad Jamal. Pour composer son numéro du mois de mars, le magazine Down Beat s'est invité chez lui dans le Massachusetts. Après comme avant cette rencontre, le journaliste qui signe ce portrait s'est entretenu avec Randy Weston, Bill Charlap, Lewis Nash et Jack DeJohnette. Et alors? On réalise, comme si besoin était, que Jamal est un musician's musician.
• Jamal mis à part, le mensuel nous propose des articles sur la pianiste Hiromi, le saxophoniste Michael Moore ainsi qu'un papier passionnant sur le bouleversement qu'ont provoqué les nouvelles technologies sur le travail, la fonction de producteur.

Entre jazz et java

• Fallait y penser! Rassembler sur une même scène Edith Piaf et Billie Holiday par Galliano et Marsalis interposés, c'est ce qu'on peut appeler un exercice de style conçu à l'enseigne de l'originalité. Le résultat, en tout cas, est réussi. Les deux virtuoses, car ils en sont, comblent les voix des deux chanteuses de la gravité en dialoguant avec une conviction et un plaisir évidents. Là où les mots, souvent ceux de la mélancolie, avaient été posés, le trompettiste et l'accordéoniste déploient des notes avec juste ce qu'il faut de sensibilité. Autrement dit, ils ont évité le piège du racolage que suppose l'exercice en question.
• Comme il nous y a habitués depuis le début des années 80, Marsalis s'est entouré de sacrés instrumentistes. Le pianiste Dan Nimmer, dont le visage rappelle étrangement celui de Bill Evans jeune, le contrebassiste Carlos Henriquez, qui balance à merveille, le batteur Ali Jackson, qui ponctue avec assurance, et le saxophoniste Walter Blanding, dont on a apprécié d'autant plus la sonorité qu'elle fait écho à celle de Don Byas et de Coleman Hawkins, qui a tendance à disparaître. Bref, Blanding est pour ainsi dire la contradiction du son sec d'un Chris Potter et autres souffleurs qui ne sont toujours pas parvenus à dépasser les techniques apprises sur les bancs d'école.
• Le programme, on s'en doute, est fait des classiques qui ont fait la renommée de Piaf comme celle de Holiday: La Foule, Them There Eyes, Padam... Padam, What A Little Moonlight Can Do, Billie, écrite celle-là par Galliano, Sailboat in the Moonlight, L'homme à la moto, le terrible Strange Fruit et bien évidemment La vie en rose.
• Enregistré live au Festival de jazz de Marciac, soit au royaume des confits de canard, ce compact qui s'accompagne d'un DVD, en fait il s'agit de la captation visuelle du show, a été publié sur étiquette JIM. Il est distribué par Harmonia Mundi. À noter que le réalisateur du DVD n'est nul autre que Frank Cassenti, qui a signé des portraits de Miles Davis, d'Archie Shepp, sans oublier ses fictions comme La Chanson de Roland ou L'Affiche rouge.

jeudi 25 février 2010

Y'a de la joie

• Par un hasard tout ce qu'il y a de pur, on est tombé sur un bonheur dont la mécanique temporelle nous certifie qu'il s'étale sur 1 heure 14 minutes et un chapelet de nanosecondes. Il a un nom, le bonheur en question, The Best Small Jazz Bands. Autrement dit, en langue franc, il s'agit des meilleures petites formations jazz et non le meilleur des petites formations. Ce bonheur se présente sous la forme d'un double compact édité et publié par l'étiquette Frémeaux & Associés.
• Mais encore? C'est bien simple, l'architecte de cette production, il s'appelle Jacques Morgantini, a rassemblé 36 perles poncées par Fats Waller, le chantre d'histoires parfois salaces, Arnett Cobb, Buddy Tate, Illinois Jacquet, le trop oublié Joe Thomas, soit les ténors tendance gros son, son long, Louis Armstrong, Cootie Williams, Roy Eldridge, Hot Lips Page, soit les trompettes de la renommée bien embouchée, Louis Jordan, Fats Domino, T-Bone Walker, soit les chanteurs qui nous signalent que «les femmes s'enflamment». Sont également de la partie, Art Tatum, Albert Ammons, Django Reinhardt, Bennie Goodman, Lionel Hampton, John Kirby, Roy Milton, lequel nous enseigne que les «nombres» ont eux aussi «le blues», et autres cantonniers de l'époque classique du jazz.
• Les pièces choisies par Morgantini s'étalent de 1936 à 1955. On le répète, c'est du bonheur, d'obédience simple. On se régale, on se bidonne autant qu'en lisant Travelingue de Marcel Aymé ou Le beaujolais nouveau est arrivé du père Fallet, dit René. Toutes ces musiques sont autant de contradictions au spleen, au mal de vivre, au papoutage de nombril, qui affectent tant le petit-bourgeois et sa bourgeoise. De bout en bout, la cadence se confond avec chaloupée.
• Pour cette copie d'occasion, on a déboursé 20 $. CQFD: on ne connaît pas le prix du neuf. Mais bon, comme on sait que Frémeaux & Associés ont un représentant de ce côté-ci de l'Atlantique, il est facile de le commander chez votre disquaire habituel. Achetez-le! Ça vaut son pesant d'or. Mettons un or équivalent en valeur aux bonus accordés par Goldman Sachs à ses sorciers. C'est dire.

mardi 23 février 2010

Actualités montréalaises

• Dans le cadre de la série Carte blanche de la Maison de la culture Côte-des-Neiges, allouée ce mois-ci au contrebassiste Normand Guilbeault, ce dernier présentera son show Mingus qu'il décline depuis des années en compagnie de Jean Derome aux saxes et à la flûte, de l'incisif Normand Devault au piano, de Mathieu Bélanger à la clarinette basse, d'Ivanhoe Jolicoeur à la trompette, de Claude Lavergne à la batterie, de Jean Sabourin au sousaphone et de la chanteuse Karen Young pour certains morceaux. À compter de 20h moyennant un laisser-passer.
• Petit rappel: le pianiste Marc Copland se produira demain soir à L'Astral en compagnie du quartet formé par le contrebassiste Adrian Vedady. À compter de 19h30. Prix du billet: 16,50 $.

Monk: prise 1

• Jusqu'à présent, Thelonious Sphere Monk avait été l'objet de deux livres écrits en français. Le premier, signé Yves Buin, fut publié en 1988 aux éditions P.O.L. Le second, paru en 1996, fut rédigé par le pianiste Laurent de Wilde. Il est disponible chez Folio. Paradoxalement, en anglais Monk n'apparaissait pas sur le radar des biographes jusqu'à ce que Robin D.D. Kelley, professeur d'histoire à l'Université de la Californie du Sud, s'attelle à la tâche.
• Le résultat de son travail est à l'image du soin évidemment méticuleux que Kelley a observé tout au long de ses recherches et non de sa recherche. Le résultat (bis) est énorme. C'est d'ailleurs à se demander si le fruit de son labeur qu'il propose aujourd'hui aux éditions Free Press ne serait pas d'ores et déjà la biographie totale. Plutôt que de livre, faudrait parler de brique.
• Le bouquin comprend 588 pages dont 99 pages de notes (!) imprimées en petits, trop petits caractères. D'ailleurs, le seul reproche que l'on peut formuler est le suivant: la fonte choisie par l'éditeur est une illustration de l'avarice. Ouais... elle est maigrelette, la fonte.
• Reste que ce Thelonious Monk - The Life And Times of An American Original est un régal. C'est très détaillé, très précis, très instructif. Comme on n'a pas encore achevé la lecture de ce livre monumental parce que le sujet l'était et le demeure à jamais, on y reviendra dans Monk: prise 2. Le prix? 40 $ sans les taxes. Désolé, on ne se souvient pas du montant exact.

dimanche 21 février 2010

Les samedis de Levon Helm

• Tous les samedis, enfin presque, Levon Helm, le batteur, LE chanteur de The Band, reçoit chez lui à Woodstock. Pour être exact, dans le cadre des Midnight Ramble Sessions, il invite des musiciens qui inclinent vers le blues, le folk, le terre-à-terre. Au fil des ans récents, il a reçu dans son studio Dr John, Emmylou Harris, Little Sammy Davis, Hubert Sumlin et une floppée d'éclaireurs. À ses côtés, il y a, samedi après samedi, sa cohorte de fidèles, dont Amy Helm, sa fille, à la mandoline, à la guitare et à la voix, Teresa Williams à la guitare et au chant, Steve Bernstein, le trompettiste de SexMob et de la diaspora, Eric Lawrence, saxophoniste, Byron Isaacs à la contrebasse, Brian Mitchell aux claviers et, surtout, surtout, Larry Campbell, guitariste et violoniste, qui après avoir joué aux côtés de Bob Dylan pendant des lunes est devenu un producteur très apprécié. C'est Campbell qui a coordonné le Dirt Farmer, qui a remporté un Grammy, et le Electric Dirt de Levon.
• Tout cela pour vous conseiller vivement d'assister aux shows des Midnight Ramble Sessions qui se tiennent, on le rappelle, dans son studio, sa maison. Maintenant, la popularité de ces sessions étant prononcée, toutes celles qui sont à l'affiche jusqu'au 13 mars y compris sont sold out. Par contre, le 20 mars ainsi que le 27, des places assises sont toujours disponibles. À noter que le 20, le duo formé par les frères Wood, duo porté vers le blues le plus acoustique qui soit, se produira en première partie. Et alors? Chris Wood est également le contrebassiste de Medeski, Martin and Wood. Après eux, Levon jouera en compagnie de l'harmoniciste et chanteur de vieux blues Little Sammy Davis. Prix du billet? 150 $ US. Sur le site levonhelm.com, il suggère un certain nombre d'hôtels et motels. Pour se rendre à son studio, il faut compter 4 heures, 4 heures 30 de route à partir de Montréal.

McBride rencontre Roberts

• En l'absence de la pianiste Marian McPartland, qui dialogue avec les «jazzeux» depuis plus de trente ans, le réseau NPR, en fait la radio de PBS, a demandé au contrebassiste Christian McBride de la remplacer. Son invité? Le pianiste Marcus Roberts, qui se fit connaître au début des années 80 alors qu'il était membre du quintet de Wynton Marsalis avant d'installer, si l'on peut dire, sa réputation en publiant Alone With Three Giants sur étiquette Novus. Les géants? Jelly Roll Morton, Duke Ellington, Thelonious Monk. Au cours de cet entretien, il confie comment il a rencontré Marsalis, il évoque John Coltrane, Sonny Rollins et décline évidemment sa passion pour le jazz classique. Quoi d'autre? Entre deux réponses, il joue live et notamment du Duke Ellington.

samedi 20 février 2010

Living Blues: John Primer

• Au cours des deux, trois dernières années, la distribution, de ce côté-ci de la frontière, du mensuel Living Blues ( 6 $) fut pour le moins bancale. Ce vice économique est d'autant plus déplorable que le magazine en question est le plus précis (!), le plus riche en faits historiques. À cela, il y a évidemment une raison, une réalité tout ce qu'il y a d'empirique: l'éditeur est nul autre que le Center for the Study of Southern Culture de l'Université du Mississippi qui, soit dit en passant, est le gardien d'archives propres à ravir les lecteurs de l'œuvre de William Faulkner.
• Cela souligné, le numéro courant de Living Blues consacre tout un dossier à John Primer. Ex-guitariste de Muddy Waters, ex-guitariste de Magic Slim, Primer est au blues de Chicago du temps courant ce qu'Otis Rush ou Jimmy Dawkins furent aux temps antérieurs. Comme ses aînés, il galvanise les rythmes, bouscule les lieux communs. Dit autrement, jamais il ne racole, jamais il ne solde à vil prix la musique des petits faits du quotidien.
• Il va sans dire que Waters et Slim ayant été ses patrons, Primer n'a pas son pareil pour alourdir, dans le sens évidemment physique du terme, LA note. Il joue sale! Il joue pesant avec un sens du rythme qui permet d'avancer qu'il est aujourd'hui et pour les années à venir la figure emblématique du blues du South Side de Chicago. Pour s'en convaincre, il suffit d'aller sur son site et d'écouter, à défaut d'acheter le disque, les extraits de son dernier album: All Original, paru sur sa propre étiquette, Blue House Productions.

jeudi 18 février 2010

Le poète Copland à L'Astral

• Souvent, très souvent même, le pianiste Marc Copland a été qualifié de poète. Cette conjugaison, dont on ne sait l'origine, est tout ce qu'il y a de fondée. Là où Brad Meldhau est lyrique, l'homme natif de Philadelphie raconte des histoires sous la forme de strophes. Là où Keith Jarrett est romantique, voire précieux, l'ancien saxophoniste alto compose les douze pieds des alexandrins avec un naturel qui force l'admiration. Là où... Marc Copland se produira à L'Astral le 24 février prochain accompagné du quartet du contrebassiste montréalais Adrian Vedady. Prix du billet? 16,50 $. C'est de la grosse nouvelle. Savoir que Copland sera dans nos environs, ça vous aiguise les papilles avec autant de puissance qu'un Chorey-les-Beaunes. Parce que...
• Parce que le bonhomme est un sacré bonhomme. Autant pianiste que compositeur; autant éclaireur qu'attentif aux jeux de ses camarades; aussi concentré sur la mise en relief de LA note qu'attaché à la limpidité. Il est fluide, Copland, il est également très précis. Tellement, qu'il réveille dans notre petite tête les grandes heures de John Lewis, pianiste, compositeur et architecte des sommets du Modern Jazz Quartet. Et Dieu sait s'il y en a eu. Copland est l'exacte contradiction du «deux de pique», sauf lorsque celui-ci est «frimé», pour employer le langage des amants du poker.
• Le seul problème avec ce pianiste ayant usé ses culottes courtes sur les mêmes bancs d'école que son ami Michael Brecker est d'ordre économique. La plupart de ses albums ayant été publiés sur des labels européens, ces derniers affichent pour nous, à Montréal, des prix de salaison porcine. Par exemple, pour son Vol. 2 de la série New York Trio Recordings avec Gary Peacock à la contrebasse et Paul Motian, paru sur l'étiquette allemande Pirouet, on a déboursé 42 $. Vivement un ravalement de l'euro!
• Cela étant, il faut savoir que notre homme écrit dans le cadre de sa série New York Recordings un feuilleton passionnant. Il n'y a pas d'autre mot. Lorsque Peacock n'est pas à la contrebasse, Drew Gress le remplace. Lorsque Motian n'est pas à la batterie, Bill Stewart s'en occupe. Et toujours, Copland s'avère convaincant.
• Dans un de ses exercices poétiques, Raymond Queneau dit la quenouille avait écrit ceci: «Dans les toilettes du métro / à la station Port-Royal / on peut lire ces quelques mots / ça me paraît MONUMENTAL / l'usage de cette cabine / est strictement réservé / aux économiquement faibles / et aux indigents NOTOIRES...» «Sot ouate?» Copland est monumental et pas assez notoire. À L'Astral le 24 février à compter de 19h30.
vvvvvc

mardi 16 février 2010

Les inédits du grand Charles

• La nouvelle du jour devrait ravir, plus que d'autres nouvelles, les amateurs de jazz en général et ceux de Charles Mingus en particulier. Voilà que le label Jazz Collectors annonce la publication de concerts donnés par l'ogre du «djase» en 1964 et qui n'avaient jamais paru en CD ou en vinyle. Côté cour, il y a le show enregistré à la salle Wagram à Paris. Côté jardin, celui capté à Amsterdam.
• Dans un cas comme dans l'autre, Jazz Collectors a rassemblé ces aubaines musicales sous la forme d'un double compact. On sait que, sur la scène d'Amsterdam, Mingus était entouré de Clifford Jordan, le souffle long du ténor, Johnny Coles, le détrousseur des subtilités que cache la trompette, l'historien Jaki Byard au piano, Dannie Richmond, le tambour battant de la batterie, c'est le cas de le dire, et un certain Eric Dolphy, qui n'avait pas son pareil pour décliner par flûte, alto et clarinette basse interposés les chants des oiseaux qu'il avait décryptés. Pour le concert de Paris, on précise que Dolphy était présent. Les autres? On peut présumer, sachant que ces spectacles ont été à l'affiche la même année, que leurs papiers d'identité étaient ceux d'Amsterdam.
• Cela étant, l'initiative étant européenne, les distributeurs le sont tout autant. Qui sont-ils? Socadisc.com et ledisquaire.com. Le prix? On a fouiné, mais tout ce qu'on a trouvé, à la rubrique prix, ce sont des codes. Nom dé diou! À ceux passionnés par les palpitations musicales du grand Charles et qui habitent Montréal et qui, surtout, ne veulent pas se casser la tête, on suggérera de s'informer au magasin Cheap Thrills. En raretés, ceux-ci sont des calés. En attendant, voici l'interprétation de Take The A Train de Duke Ellington, le héros de Mingus

dimanche 14 février 2010

L'étranger de Ramblin' Jack Elliott

• La banque d'affaires Goldman Sachs a trafiqué le profil financier de la Grèce pour le rendre plus acceptable aux yeux des crédules. Les autres, Morgan Stanley et consorts, en ont fait autant et, ce faisant, mis des milliers de familles, pour rester modeste, sur la paille. Compagnon de route, c'est le cas de le dire, de Bob Dylan, Ramblin' Jack Elliott est assez vieux pour se souvenir des ravages provoqués par la crise de 1929. Il y a quelques mois de cela, le vieux briscard publiait un album, alors que la crise de l'édition 2009 battait son plein, fait de blues relatant les méfaits de celle qui ravagea le continent il y a 70 ans de cela. Pour mener à bien cette aventure musicale produite par Joe Henry, Elliott avait rassemblé autour de lui les guitares de Greg Leisz et David Hidalgo de Los Lobos, qui joue également de l'accordéon, les pianos de Van Dyke Parks et Keefus Ciancia et la contrebasse de David Piltch. Le making of de cette production intitulée A Stanger Here, aussi sensible que pertinente, a été mis en ligne récemment.



Vive l'INA!

• Après des années consacrées à l'indexation d'archives audio et visuelles, l'Institut national de l'audiovisuel de France (INA) vient de mettre à la disposition des amateurs de jazz et de blues des heures et des heures de spectacles filmés par la télévision française. Dans un entretien accordé au mensuel Jazz Magazine, Pascal Rochat, maître d'œuvre du projet, précise: «Les fonds de l'INA n'ont pas encore livré tous leurs secrets, et nous allons continuer nos recherches. De plus, tous les premiers janvier, une nouvelle année d'enregistrement tombe dans le domaine public (...) En visionnant le générique d'un show de Daniel Humair, j'ai ainsi découvert une prestation inédite de Jackie McLean en 1961.»
• En ce qui concerne les captations de shows à l'affiche de divers festivals, P. Rochat a souligné que, pour des raisons juridiques évidentes, l'INA a retenu seulement les concerts filmés antérieurement à 1959. Par ailleurs, un accord portant sur la traduction de ces archives en format DVD a été signé avec la société américaine Reelin' The Years, éditrice de la série Jazz Icons distribuée de ce côté-ci de l'Atlantique par Naxos. À ce propos, Rochat spécifie, toujours dans Jazz Magazine, que «l'ouverture au public de notre fonds nous expose à des contraintes juridiques fortes et la gestion des droits relatifs aux concerts est un sacré casse-tête. Voilà pourquoi nous préférons travailler avec cette société, bien implantée outre-Atlantique...»
• Cela étant, voici un extrait d'un concert donné en 1958 à Cannes par Don Byas, Big Joe Turner, Coleman Hawkins, Stan Getz, Zoot Sims et plusieurs autres. Il résume à lui seul la grande richesse du catalogue que l'INA nous propose.