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jeudi 25 novembre 2010

Charlie Parker: la totale

• Sur la pochette de la nouvelle publication de Frémeaux & Associés, les mémorialistes des sonorités diverses du monde mondial, on peut lire ceci: Intégrale Charlie Parker - Groovin High - 1940-1945. Parmi ces mots et ce nom propre, il y a une information d'une grande importance: intégrale! Pour la première fois dans l'histoire du jazz, à moins que l'on soit dans les patates, ce qui ne serait pas étonnant, une maison de disques, ici la républicaine Frémeaux, a décidé de rendre à Parker ce qui lui revient: une réédition digne de ce nom de ses péripéties acoustiques.
• Dans le passé, Parker a été le sujet de rééditions. La plupart du temps, celles-ci furent bancales. Pour rester poli. Car trop souvent, les auteurs de ces entreprises s'appliquaient à nous refiler les quatre ou cinq versions de chaque pièce enregistrée par Bird. Ce faisant, ils manquaient de respect à l'égard du grand manitou du bebop ce dernier, faut-il le rappeler, ayant choisi de son vivant telle version plutôt que telle autre.
• Cela étant, ce volume 1 de The Complete Charlie Parker vaut son pesant d'or parce qu'il s'attarde au Parker d'avant le «bibeaupe». Soit le Parker membre de la grande formation de Jay McShann, du sextet de Cootie Williams, du Clyde Hart All Stars, du quintet de Tiny Grimes, etc. Et alors? Le jeu de Parker était déjà plein de sève. Vive et dense. Chapeau à Alain Tercinet, maître d'œuvre de cette intégrale. Suit Hootie Blues avec McShann.

jeudi 26 août 2010

Hommage à Abbey Lincoln

• L'hommage à la chanteuse Abbey Lincoln se poursuit. Après une série de deux articles, voilà que le réseau NPR vient de mettre en ligne une prestation enregistrée live au début des années 2000 dans le cadre de l'émission JazzSet qu'anime Dee Dee Bridgewater. Elle est accompagnée de Brandon McCune au piano, de John Ormond à la contrebasse et de Jaz Sawyer à la batterie. Elle interprète Throw It Away, une de ses compositions, le standard Midnight Sun, Mr Tambourine Man de Bob Dylan. Son set est suivi par celui d'une autre chanteuse, Kendra Shank, secondée par le pianiste Frank Kimbrough.
Lincoln Live

lundi 23 août 2010

Abbey Lincoln: 2e partie

• La deuxième partie que la station NPR a consacrée à la chanteuse Abbey Lincoln est désormais en ligne. On se souviendra que cette série est en fait un hommage à cette grande dame décédée il y a un peu plus d'une semaine. Signé par Lara Pellegrinelli, cet article est entrecoupé d'un bon nombre d'extraits musicaux.
Abbey par NPR

samedi 21 août 2010

Benny Powell n'est plus

• Le tromboniste Benny Powell est mort. En furetant sur le site du New York Times, on est tombé sur un papier de Peter Keepnews, d'ailleurs fils d'Orrin dont on parle dans l'article qui suit celui-ci, daté du 3 juillet et qui annonçait que Powell était décédé le 26 juin. Ça nous a fait particulièrement drôle, parce que deux mois auparavant on lui avait serré la main après un show qu'il avait donné avec l'immense Randy Weston au Jazz Standard à New York. En date du 12 mai dernier, on avait signé un texte accompagné d'un documentaire de plus de huit minutes dans lequel Powell se raconte. Vous pouvez le retrouver dans la section «Jazz à New York». Sinon, voici le lien pour l'article de Keepnews.
Powell par Keepnews

Another Blue par le Benny Powell Nextep

Le duo Adderley-Keepnews

• C'est quand même curieux. Quoi donc? Le déficit de reconnaissance à l'égard du saxophoniste Cannonball Adderley et du producteur Orrin Keepnews. Chaque fois qu'on lit des articles consacrés aux productions des années 50 et 60, l'étiquette Blue Note est évidemment évoquée. Bien davantage que Riverside qui affiche pourtant un inventaire incroyable de grands moments dans l'histoire du jazz.
• On sait trop peu qu'Adderley mis à part, Keepnews a supervisé un nombre plus important d'enregistrements de Thelonious Monk sur Riverside que sur Blue Note. Qu'il a produit le très fameux Bill Evans Live At The Village Vanguard, des Sonny Rollins, des Red Garland (Yes!), Bobby Timmons, Blue Mitchell, Randy Weston, Johnny Griffin, Wes Montgomery et quantité d'autres artistes.
• Parmi toutes ces associations, celle qu'il eut avec Adderley fut à la fois la plus longue et la plus fructueuse. Il y a quarante ans, on écoutait Live At The Hit, Live At The Vanguard, Live At The Jazz Workshop, Live At The Lighthouse, et on les écoute encore et toujours avec autant de plaisir. Car tous ces live mettent en relief qu'à cette époque, de la fin des années 50 au milieu des années 60, sa formation était l'une des meilleures parce qu'elle défendait un style empreint de chaleur et de passion. Dans la vidéo qui suit Spontaneous Combustion, extrait de Live At The Jazz Workshop, Keepnews livre ses confidences sur des enregistrements publics d'Adderley.


jeudi 19 août 2010

L'histoire d'Abbey Lincoln

• Pour souligner la mémoire d'Abbey Lincoln, le réseau NPR vient de mettre en ligne le premier d'une série d'articles ponctués d'extraits sonores des différents albums qu'elle a enregistrés dans les années 50 et au début des années 60. Les textes publiés par le réseau radio de PBS, le meilleur réseau télé en Amérique du Nord, sont signés Lara Pellegrinelli.
• En attendant la suite, Pellegrinelli, qui a bien connu Lincoln. qui l'a fréquentée régulièrement, insiste sur ce qui différencie Lincoln de ses collègues chanteurs. Et alors? Après un premier album logeant à l'enseigne du rose bonbon, elle a décidé d'échapper au piège du «showbiz-business» en composant ses chansons. Elle voulait interpréter SES mots. À lire. C'est instructif.
Lincoln par NPR

mercredi 18 août 2010

Abbey Lincoln est morte

Abbey Lincoln n'est plus. Elle avait 80 ans. Abbey n'était pas comme les autres. Pas du tout. De toutes les chanteuses d'aujourd'hui et du hier proche, elle était LA seule qui aurait pu chanter le I'm not Like Everybody Else de Ray Davies, le chroniqueur british. Car effectivement, elle n'était vraiment pas comme les autres. Elle fut engagée, introspective, et digne de ses débuts à la toute fin. Abbey n'a jamais concédé un brin de son libre arbitre.
• À la fin des années 50 et au début des suivantes, elle fut en pointe sur le front des droits civiques avec son mari d'alors, le batteur Max Roach. La voix du We Insist! Freedom Now, c'était elle. À l'époque, elle était également actrice. C'est elle qui, par exemple, partage les rôles avec Sidney Poitier dans le film For Love of Ivy. Elle campe la servante d'une famille blanche et aisée.
• Dans les années 70 et 80, Abbey Lincoln se tient volontairement en retrait. Puis, au cours de la décennie suivante, l'excellent producteur français Jean-Philippe Allard parvient à la convaincre d'enregistrer de nouveau. Dans une série d'albums remarquables, elle se distingue de ses consœurs et confrères par SES compositions. Ses mots qui se conjuguent toujours avec empathie et mélancolie. Abbey Lincoln, c'est le cas de le dire, était une très grande dame. Amen!
Down Here Below par Abbey Lincoln

mardi 17 août 2010

Des dizaines de shows

• C'est une grande et grosse nouvelle qu'on pouvait lire dans le New York Times d'aujourd'hui. Voilà, on vient d'apprendre que le National Jazz Museum, situé à Harlem, vient de faire l'acquisition de la collection William Savory. Mais encore? Dans les années trente, ce dernier a enregistré 1000 retransmissions radiophoniques de shows divers. Savory était musicien mais également, voire surtout, un génie de la technique.
• Étant cela, un bidouilleur débrouillard, il avait développé une technique proche du 33 tours à une époque où le 78 tours régnait en maître. Le hic, c'est que, collectionneur jaloux et excentrique, il n'avait jamais voulu que ces enregistrements soient publiés de son vivant.
• Toujours est-il que d'ici quelques mois, et à la suite donc de cette acquisition, les amateurs que nous sommes vont enfin pouvoir entendre des inédits — restez calmes! — de Louis Armstrong, Duke Ellington, Coleman Hawkins, Count Basie, Billie Holiday, Lester Young, Bunny Berigan, Benny Goodman, Ella Fitzgerald, Fats Waller et quantité d'autres clochards célestes.
• Selon les témoignages recueillis par le New York Times, Savory, né Desavouret, ses parents étaient des immigrants français, était un avant-gardiste sur le plan technique. CQFD: beaucoup des ces 1000 disques sont d'une qualité rare pour l'époque. Bon, la caverne d'Ali Baba vient de s'ouvrir.
National Jazz Museum

lundi 17 mai 2010

Gentleman Jones n'est plus

Hank Jones, le doyen des pianistes de jazz, l'aîné des frères Elvin et Thad, n'est plus. Il avait 91 ans, avait tout fait, tout entendu, tout vu. Entre son arrivée à New York au début des années 40 et son dernier souffle, Jones a mis son talent de pianiste classique au service de Charlie Parker et Andy Williams, Ella Fitzgerald et Cannonball Adderley, Billie Holiday, Coleman Hawkins... En fait, pour faire court, l'homme né un an après le premier enregistrement d'un disque de jazz a accompagné tout le monde. À telle enseigne qu'il a défini, pour ainsi dire, les paramètres qui distinguent le simple faire-valoir de l'excellence.
• Bizarrement, ce n'est qu'à partir de la soixantaine que son nom va commencer à circuler en dehors du cercle des initiés, lorsque paraissent, notamment, ses enregistrements avec Tony Williams et Ron Carter, les enregistrements du Great Jazz Trio. Ces albums, c'est à noter, sont publiés au milieu des années 70. Et alors? En 1975, le réseau CBS «ferme» l'orchestre que Jones dirigea pendant une quinzaine d'années au bénéfice du chanteur-animateur Andy Williams. CQFD: au cours de cette période, Jones ne fit pas de tournées.
• En juillet dernier, celui qui connaissait tous les standards fit la couverture de JazzMan. De l'entretien mené par Alex Dutil, on a retenu ceci: «Jusqu'ici, je n'ai jamais fait que répondre aux sollicitations qui m'arrivaient, sans le moindre plan de carrière. On me téléphonait pour un accompagnement? J'y allais. Que ce soit pour une chanteuse, un instrumentiste ou un big band, peu importe. On me proposait d'assurer une séance d'enregistrement en leader? J'acceptais avec joie. Il s'agissait d'écrire de la musique? Je me mettais aussitôt au travail [...] Ma vie de jazzman, c'est au jour le jour.» Ave!

samedi 1 mai 2010

John Coltrane en DVD

The World According To John Coltrane est un documentaire que Robert Palmer, critique au New York Times, avait réalisé en 1992 à la demande de la télévision allemande. Depuis peu, la version DVD de ce film d'une heure est disponible. Les aléas inhérents à la distribution étant ce qu'ils sont, il faut préciser qu'on l'a trouvé chez Archambault-Berri, qu'on ne l'a pas vu à moins qu'on est mal vu chez HMV. Le prix? 24 $ sans les taxes.
• Deux faits devraient vous convaincre d'en faire l'acquisition: rares, très, très rares sont les «docus» consacrés au compositeur de spiritual. Et d'une. Et de deux, l'identité du cinéaste. Bien que décédé en 1997, Palmer est considéré, encore et toujours, comme un des deux ou trois meilleurs chroniqueurs des musiques dites populaires. Son Deep Blues demeure un incontournable. Un livre de référence parce qu'empreint d'un souci méticuleux pour la précision.
• Mais au-delà des deux faits évoqués, ce film vaut son pesant d'argent pour les témoignages recueillis auprès des artistes l'ayant fréquenté: Jimmy Heath, qui a connu Trane alors qu'ils étaient adolescents à Philadelphie, Tommy Flanagan, avec lequel il a enregistré Giant Steps, Wayne Shorter, Roscoe Mitchell, Rashied Ali et bien évidemment sa femme Alice. Seul bémol, McCoy Tyner et le batteur Elvin Jones, qui était toujours de ce monde au moment du tournage, ne sont pas de la partie. Certes, on les voit dans les épisodes musicaux, mais... mais c'est tout.

mardi 27 avril 2010

Les inédits de Socadisc

Socadisc, distributeur de labels indépendants, propose une nouvelle série d'albums jusqu'ici inédits dans le format compact qui devraient régaler particulièrement les amateurs d'Ornette Coleman. En voici la liste: O. Coleman Quartet - Live In Paris 1971 avec Dewey Redman au ténor, Charlie Haden à la contrebasse et Ed Blackwell à la batterie, le Croydon Concert avec David Izenzon à la contrebasse et Charles Moffett à la batterie, le Lenox Jazz School Concert de 1959 avec Don Cherry et Kenny Dorham aux trompettes et Jimmy Giuffre à la clarinette et enfin le O. Coleman Quartet - Belgium 1969 avec Redman, Haden et Balckwell.
• De Bill Evans, Socadisc publie les shows enregistrés à Lund en 1975 et à Helsinki en 1970 et un autre réalisé à Paris en 1974. Sur ces deux albums Eddie Gomez est à la contrebasse et Marty Morell à la batterie. Quoi d'autre? Un Miles Davis intitulé Live In Rome & Copenhagen 1969 avec Wayne Shorter au ténor, Chick Corea aux claviers, Dave Holland à la basse et Jack DeJohnette à la batterie ainsi que le Johnny Griffin Quintet/With Rolf Ericson à la trompette.
• Le trio d'Evans qui suit, avec Gomez et Morell, a été enregistré à Helsinki en 1970. Le titre: Nardis

dimanche 25 avril 2010

Dexter au Congrès


• Grande nouvelle. Très, très grosse nouvelle. La Library of Congress des États-Unis vient de faire l'acquisition de 1000 articles ayant tous Dexter Gordon comme sujet principal. Parmi les objets vendus par Maxine Gordon, la veuve de Long Tall Dexter, des inédits sonores enregistrés live pour la plupart, dont plusieurs avec Wardell Gray. Dans les mois qui viennent, le Packard Campus for Audio-Visual Conservation va digitaliser toutes les bandes achetées.
• Mis à part les déclinaisons musicales de Daddy Plays The Horn, l'organisation américaine a mis la main sur une ribambelle de documents iconographiques permettant de suivre comme jamais auparavant la carrière de l'homme né le 27 février 1923 à Los Angeles. Quand on sait que ce fils d'un médecin qui comptait Duke Ellington et Lionel Hampton parmi ses patients a joué aux côtés de Charlie Parker, Louis Armstrong, Billy Eckstine, Dizzy Gillespie, Fletcher Henderson, les frères Heath, Tadd Dameron, Fats Navarro et quantité d'autres avant de s'expatrier en Europe où il s'est produit avec Bud Powell, Kenny Clarke, Horace Parlan, Benny Bailey, Kenny Drew, Tete Montoliu et autres Billy Higgins...
• Quand on sait qu'il fut le premier à fixer sur le ténor ce que Parker avait fait à l'alto, qu'il n'avait pas son pareil pour injecter une sacrée dose d'intensité dans la plus banale des rengaines, qu'il fut grand du début à la fin, quand on sait tout cela, on ne peut que se réjouir, qu'applaudir à quatre mains l'initiative de la Library of Congress. Vivement la suite, vivement la fin du travail d'archivage et de remise en forme des bandes signées par Dale Turner alias Dexter Gordon.
P.-S.: si vous aimez encore et toujours Gordon, on vous conseille l'achat de la biographie que le Britannique Stan Britt lui avait consacrée. Le titre? Dexter Gordon - A Musical Biography, parue en 1989 aux éditions Da Capo. Ce bouquin est un des meilleurs du genre.

jeudi 22 avril 2010

Pour le plaisir: le Count et Zoot

• Bizarrement, les menus travaux accomplis par Count Basie dans les années 70 au bénéfice de l'étiquette Pablo en particulier et le nôtre en général sont beaucoup moins appréciés aujourd'hui qu'ils ne le furent lors de leur publication. Ce vice, d'ailleurs énorme, est largement attribuable à la mauvaise distribution des albums enregistrés par Pablo. Tant ceux de Basie que ceux de Dizzy Gillespie, Zoot Sims, Coleman Hawkins, Ray Bryant, Oscar Peterson, Eddie Lockjaw Davis, Harry Sweet Edison, sans oublier Duke Ellington.
• En fouinant, on est tombé sur cette vidéo de Basie en compagnie de Sims au ténor, de Roy Eldridge à la trompette, de Cleveland Eaton à la contrebasse et de Duffy Jackson à la batterie. Il résume à merveille la forte inclination de tous ces musiciens pour le jam, la lenteur, la décontraction, le naturel, le plaisir. Le plaisir de jouer ensemble, de jouer entre amis qui n'ont plus rien à prouver. Ce Midnight Special, c'est du bonheur dans sa plus simple expression.
Midnight Special

dimanche 4 avril 2010

La clarté de Wardell Gray

• Au jeu des rééditions, deux labels se distinguent parce qu'arrêtant des choix plus judicieux que d'autres: Frémeaux & Associés ainsi que Nocturne. Grâce à cette dernière étiquette, on peut découvrir ou redécouvrir celui qui fut dans les années 40 le saxophoniste de la fluidité: Wardell Gray. De lui on connaît évidemment ce duel mené avec, et non contre, Dexter Gordon et qui parut sous le titre The Chase.
• Mais ce qui singularisa Gray de Gordon, Teddy Edwards, Jimmy Heath, Lucky Thompson et autres ténors de sa génération, c'est l'aisance avec laquelle il passait du swing au bop et inversement. Un jour, il était membre du big-band d'Earl Hines ou de Count Basie, le lendemain il jouait en compagnie des militants du bebop. Le surlendemain, il rejoignait Benny Goodman, qui vouait les inventions de Charlie Parker et Dizzy Gillespie aux gémonies, avant de s'acoquiner le lendemain du surlendemain avec Tadd Dameron, Sonny Clark ou Hampton Hawes.
• Contrairement à bien de ses contemporains, Wardell Gray ne fut jamais un opposant, un guerrier, un battant. Il aimait par-dessus tout ponctuer les musiques de Basie ou Dameron à coups de notes claires, fluides, limpides. Le double album que Nocturne lui a consacré est le résumé convaincant d'un parcours qui reste exemplaire par ce refus de trancher. Ce refus d'adhérer à ceci plutôt qu'à cela.
Wardell chez Basie

jeudi 18 mars 2010

M. Hawkins pour le plaisir

• Ce n'est pas une nouveauté. C'est même une vieillerie qui n'est pas pour autant une antiquité. C'est Coleman Hawkins, l'homme qui a fait le saxophone ténor, même si c'est le Belge Adolphe Sax qui l'a inventé, cet instrument dont on ne savait trop quoi faire jusqu'à ce que Monsieur Hawkins en dresse la carte du tendre. Du tendre qui défend le son long, le son pesant. Le son rugueux.
• C'est Hawkins dans ces dernières années. Hawkins qui revient le plus souvent possible au début des origines, donc au blues. À la guitare, c'est fort probablement Tiny Grimes, à la batterie, c'est tout aussi probablement Osie Johnson. À la contrebasse, ça se complique. Ça pourrait être Gene Taylor ou Jimmy Woode. Au piano, alors-là, c'est le brouillard. Chose certaine, c'est un régal. Après une longue introduction à la guitare, Hawkins renvoie le blues dans ses câbles comme plus personne ne sait le faire aujourd'hui.
• P.-S.: ça s'intitule South of France Blues parce que tout un chacun sait fort bien que Pernod est le seul alcool qui fait boire de l'eau. Don Camillo n'aurait pas dit mieux.

dimanche 14 février 2010

Vive l'INA!

• Après des années consacrées à l'indexation d'archives audio et visuelles, l'Institut national de l'audiovisuel de France (INA) vient de mettre à la disposition des amateurs de jazz et de blues des heures et des heures de spectacles filmés par la télévision française. Dans un entretien accordé au mensuel Jazz Magazine, Pascal Rochat, maître d'œuvre du projet, précise: «Les fonds de l'INA n'ont pas encore livré tous leurs secrets, et nous allons continuer nos recherches. De plus, tous les premiers janvier, une nouvelle année d'enregistrement tombe dans le domaine public (...) En visionnant le générique d'un show de Daniel Humair, j'ai ainsi découvert une prestation inédite de Jackie McLean en 1961.»
• En ce qui concerne les captations de shows à l'affiche de divers festivals, P. Rochat a souligné que, pour des raisons juridiques évidentes, l'INA a retenu seulement les concerts filmés antérieurement à 1959. Par ailleurs, un accord portant sur la traduction de ces archives en format DVD a été signé avec la société américaine Reelin' The Years, éditrice de la série Jazz Icons distribuée de ce côté-ci de l'Atlantique par Naxos. À ce propos, Rochat spécifie, toujours dans Jazz Magazine, que «l'ouverture au public de notre fonds nous expose à des contraintes juridiques fortes et la gestion des droits relatifs aux concerts est un sacré casse-tête. Voilà pourquoi nous préférons travailler avec cette société, bien implantée outre-Atlantique...»
• Cela étant, voici un extrait d'un concert donné en 1958 à Cannes par Don Byas, Big Joe Turner, Coleman Hawkins, Stan Getz, Zoot Sims et plusieurs autres. Il résume à lui seul la grande richesse du catalogue que l'INA nous propose.