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jeudi 2 décembre 2010

Dylan par Sidran

• Il y a un an, on devrait dire, un an tout juste, le pianiste, compositeur, auteur et chanteur Ben Sidran, par ailleurs héritier direct de Mose Allison, publiait un album... conquérant! Un disque entièrement consacré aux textes et musiques de Bob Dylan qu'il avait enregistrés dans un village de la lointaine Alsace avec des musiciens français.
• Aujourd'hui, toujours sur étiquette Bonsaï Music, il remet ça. Mais cette fois, c'est live. À la guitare, on retrouve Rodolphe Burger, à la basse il y a Marcello Giuliani, à la batterie on retrouve Alberto Malo. Sur certaines pièces, Eric Truffaz, par trompette interposée, ponctue le tout à l'aune du juste à temps.
• Le programme? Gotta Serve Somebody, Rainy Day Women, Blowin' In The Wind, Subterranean Homesick Blues, All I Want Really To Do, Tangle Up In Blue, Everything Is Broken, Maggie's Farm, Love Minus Zero, The Times They Are Changin, On The Road Again, We Are Here But For A Minute. Autrement dit, c'est Dylan des années 60 aux 90. Le résultat est simple à formuler: ce live est un excellent complément d'objet direct — direct! — aux versions studio. Suit Maggie's Farm:

samedi 27 novembre 2010

Willie Nelson à NPR

• Oui, oui, oui, Willie Nelson a été l'invité de Marian McPartland, la pianiste qui anime l'émission Piano Jazz depuis plus de trente ans. Après Hank Jones, James Moody, Dizzy Gillespie et quantité d'autres «jazzeux», voici donc Nelson qui alterne country avec classiques du jazz. C'est enjoué, sympathique, sans prétention. Bref, voici une heure de petits bonheurs au cours de laquelle vous entendrez aussi bien Crazy que Nuages ou encore le fameux Stardust de Hoagy Carmichael.
Nelson à NPR

lundi 16 août 2010

Viva Bo Ramsey!

• Au fond, c'est à se demander si Bo Ramsey n'est pas l'alchimiste en chef de ces sensibilités musicales qui composent l'americana ou roots, ou on ne sait trop quoi. Bref, il s'agit de ce mélange fait de blues, de country, de folk, de marguerites, de truites, de bières fraîches et de fraises sauvages. T'sais veux dire.
• Toujours est-il que Bo Ramsey, né dans l'Iowa entre deux champs de maïs, comme son vieux complice le chanteur et guitariste Greg Brown, est l'archétype de ce musicien que vous pensez ne pas connaître alors que vous le connaissez fort bien si vous connaissez Lucinda Williams, Mark Knopfler, Calexico, Pietra Brown ou encore les artistes liés au label Red House Records, qui a d'ailleurs été fondé en 1981 par Brown. De-que-cé? Ramsey est le producteur de biens des albums publiés par cet excellent label.
• L'ennui avec Ramsey, c'est qu'il met ses talents de guitariste si souvent au profit des autres qu'on est moins au parfum des airs qu'il compose, des mots qu'il écrit pour lui. Bref, ses disques sont trop méconnus. On pense notamment à l'admirable Fragile publié il y a un an ou encore à In The Weeds ou à l'admirable Stranger Blues. Aussi, quand on est tombé sur la vidéo qui suit...
Bo Ramsey

mercredi 21 juillet 2010

Le peuple d'Otis Taylor

• C'est du costaud, très costaud. Ce n'est pas tout a fait blues, ni tout a fait folk, ni totalement country, c'est un peu orientalisant, c'est aussi Indiens d'Amérique avec des accents de bluegrass et des échos pas vagues du tout aux chansons des Appalaches. C'est tout cela en même temps comme simultanément avec tout de même plus de blues que du reste. Il s'agit évidemment d'Otis Taylor, le maître parce qu'inventeur du «trance blues», qui propose un nouvel album intitulé Clovis People Vol 3, paru sur étiquette Telarc.
• Avec Corey Harris, Guy Davis, Alvin Younblood et, dans une moindre mesure, Eric Bibb, Taylor, qui est d'ailleurs leur aîné, est autant anthropologue que chanteur, compositeur, guitariste, banjoiste et harmoniciste. Il scrute les temps anciens des Noirs et des Indiens d'Amérique. Et comme il a également la fibre du sociologue, il observe les temps d'aujourd'hui qui lui inspirent des blues révoltés. Il était et reste engagé.
• Le thème de ce nouveau disque lui est venu lorsqu'il a lu dans un quotidien de Denver, Colorado — il habite à Boulder, non loin de Denver —, que des archéologues avaient découvert des outils et autres objets fabriqués par le peuple Clovis qui vivait dans ces environs il y a 15 000 ans. Peuple qui a disparu pour des raisons que l'on ignore encore et toujours.
• Comme souvent, Taylor propose une architecture instrumentale originale: un violon, un violoncelle, une trompette, d'ailleurs entre les mains de l'immense Ron Miles qu'on entend fréquemment auprès de Bill Frisell, une basse, une batterie jouée par le très expérimenté Larry Thompson, une guitare, un banjo et une mandoline.
• Cet album est touchant, très touchant, de bout en bout. Quoi d'autre? Otis Taylor a son univers bien à lui. Il ne ressemble à personne. Il est très singulier. Et ça, c'est si rare qu'il force l'admiration.
P.-S.: on vous renvoie à son site, où il propose sur la page d'entrée une vidéo d'une dizaine de minutes qui résume bien l'atmosphère de Clovis People.
Otis Taylor

samedi 17 juillet 2010

Mose Allison au micro

• Il y a quelques semaines de cela, le pianiste, auteur, compositeur Mose Allison, admiré par une ribambelle de groupes rock dont The Who qui avait transformé son Young Man Blues, publiait un nouvel album après une douzaine d'années de silence. Paru sur étiquette Anti, ce disque s'intitule The Way Of The World. Il a été produit par Joe Henry, un des meilleurs qui soit actuellement. C'est Henry en effet qui a été l'architecte des récents disques d'Allen Toussaint, Ramblin' Jack Elliott et d'autres.
• Toujours est-il qu'il a fallu une bonne année de persuasion de la part de Henry pour convaincre Allison, aujourd'hui 82 ans, de rentrer à nouveau dans un studio en compagnie des habituels complices de Henry. Jay Bellerose est à la batterie, David Piltch à la contrebasse, Greg Leisz et Anthony Wilson aux guitares ainsi que Walter Smith au ténor. Cette semaine, le vieux pianiste originaire du Mississippi confiait à NPR comment lui et Henry avaient travaillé. L'entretien est entrecoupé de trois solos.
Allison à NPR

dimanche 16 mai 2010

Carolina Chocolate Drops

• Il y a d'abord la couverture: une femme, les cheveux tressés, prend un rayon de soleil flanquée de deux bonshommes. Le tableau est surmonté du nom du groupe: Carolina Chocolate Drops, inconnu au bataillon sauf peut-être d'Adam et Ève. Puis, au bas de la pochette, le titre de l'album: Genuine Negro Jig. Illico, on se dit que c'est une histoire, une très vieille histoire de campagne. La campagne lointaine, celle du Mississippi, de l'Oklahoma, du nord-ouest de la Floride, de la Virginie de l'Ouest et de l'Arkansas. Au dos, on repère le nom du label: Nonesuch. Puis surtout celui du producteur: Joe Henry. Là, on murmure ceci: Henry + Nonesusch = 2 gages de qualité quasi totale.
• On l'achète (22,50 $ taxes comprises). Après quoi, on s'arrête à l'identité respective des trois jeunesses d'un groupe au patronyme ancien et à leurs instruments. Ils s'appellent Dom Flemons, Rhiannon Giddens et Justin Robinson et jouent du fiddle, le violon dans sa version populaire, du banjo, de la guitare, mais avec parcimonie, du pichet en terre cuite, celui du pauvre, ainsi que d'objets divers qu'ils utilisent afin d'accentuer les effets percussifs.
• On l'écoute et on est surpris. Dans le sens agréable du terme. On est surpris par ces musiques qui sont autant d'échos aux musiques si anciennes qu'elles s'entendaient ici et là avant le blues. Où? Dans les Appalaches, sur les bateaux qui descendaient et remontaient le Mississippi, dans les campagnes perdues des États traversés par un fleuve si capricieux qu'il a provoqué, si l'on peut dire, son flot de chansons. C'est du blues, du country, du folk, des ballades dont on perçoit ici et là les influences irlandaises et françaises. Bref, les membres font très bien ce qu'ils ont voulu faire: l'archéologie musicale des States. Mississippi John Hurt et Sleepy John Estes peuvent dormir tranquille.

samedi 15 mai 2010

Living Blues: Corey Harris

• L'homme en couverture du dernier numéro du mensuel Living Blues ( 5,95 $) s'appelle Corey Harris. «Ceusses» qui aiment le blues des foins coupés en juillet, à moins d'avis contraire imposé par le dieu Éole devenu l'alchimiste chéri des pétrolières, savent que Corey Harris n'a pas son pareil pour touiller les rythmes de l'Afrique avec les harmonies du Mississippi et les rebonds jamaïcains nés, pour être exact, sur les flancs éthiopiens. Toujours est-il que Harris à la une, cela signifie long, long article.
• Article où (sic) on apprend que ce «guitariste-chanteur-compositeur-fouineur-fluent in French» est quelque peu agacé que lui et Keb Mo, lui et Guy Davis, lui et Phil Wiggins, soient encore et toujours considérés comme la jeune ou nouvelle génération du blues alors qu'ils creusent ce sillon depuis 20 à 30 ans. Article où on apprend également que cet émule de Taj Mahal passe actuellement des aventures acoustiques en compagnie de l'harmoniciste Wiggins au reggae façon Peter Tosh et Bob Marley, évidemment.
• Sinon... sinon Living Blues propose de longues rédactions consacrées à Trombone Shorty et... on reste calme... on se tient tranquille... à Lightnin' Hopkins!

samedi 8 mai 2010

Ben Sidran au FIJM

• La dernière fois que Ben Sidran, héritier aussi spirituel que direct de Mose Allison, occupa une salle de nos environs, c'était il y a une bonne quinzaine d'années. Il s'était alors produit en solo dans une église réquisitionnée par le FIJM. Il nous avait alors séduit par son aisance au piano, par sa voix basse sans inflexion rocailleuse et son talent de conteur. Le 27 juin prochain, il sera au Club Soda. Son programme, son sujet? Bob Dylan, à qui il a consacré un disque baptisé avec justesse Dylan Different. Car pour être différent, il l'est, le Bob de Ben. La singularité avec laquelle Sidran décline les fables dylanesques fait d'ailleurs de cette production LA plus convaincante de toutes celles dont l'auteur de Blind Willie McTell fut l'objet.
• Alors, M. Sidran, pourquoi Dylan? «Parce qu'il est emblématique d'une époque, je pense surtout aux années 60, qui s'est caractérisée par le bouillonnement culturel. On aimait tout: le blues, le jazz, le folk... On s'intéressait à tout: la littérature, l'histoire, la politique... On était très curieux. Toujours est-il que Dylan a laissé de fortes empreintes sur ces années comme sur celles d'après. Je l'ai traité en l'adaptant à ma voix et à mon style au piano. Vous savez, lui et moi avons grandi dans la même région, le Midwest, je connais son accent. J'ai voulu enregistrer en France avec des musiciens du cru pour obtenir quelque chose d'étrange, de magique. Je voulais un résultat différent. Là-bas, les musiciens sont plus romantiques.» Précision: Dylan Different a été gravé en pleine campagne alsacienne dans le studio du guitariste Rodolphe Burger, connu pour avoir accompagné, entre autres, Jacques Higelin et Bashung.
• Au Club Soda, Sidran nous a confié qu'il serait flanqué d'un guitariste, un contrebassiste et un batteur. Prix du billet: 32,50 $. Quelques mots pour rappeler qu'en plus de chanter, composer, produire et enseigner, Sidran est aussi un grand chroniqueur du jazz. Il est l'auteur de Black Talk et de Talking Jazz, formidable bouquin qui regroupe les quarante entrevues qu'il a réalisées avec Dizzy Gillespie, Sonny Rollins, Miles Davis...

mardi 23 mars 2010

La ferme de Levon Helm

• Voici un «docu» d'une vingtaine de minutes dont Levon Helm, batteur, chanteur et pinceur de mandoline, est le sujet. En fait, on devrait parler de Levon le guide des fermes de l'Arkansas — il est né dans cet État —, où des métayers, où ses anciens voisins, s'échinent à cultiver des lopins qu'ils seront probablement les derniers à avoir creusés.
• Ces damnés de la terre, c'est le cas de le dire, pour lesquels il éprouve une affection évidente, ont été les moteurs comme les acteurs de Dirt Farmer, album très touchant, album accompli à l'aune du réalisme le plus cru qui soit. Entre deux dialogues avec ces cultivateurs, le cinéaste a évidemment glissé des morceaux du disque produit par le guitariste Larry Campbell, qui avant de rejoindre Helm fut membre du groupe de Bob Dylan pendant une quinzaine d'années.
• En 2009, Dirt Farmer obtint le Grammy du meilleur album dans la catégorie americana. Idem cette année pour la suite intitulée Electric Dirt. Aux amateurs de cinéma et de Bertrand Tavernier en particulier, signalons que Helm campe le rôle du général Hood dans le film In the Electric Mist, adapté du roman du même nom que James Lee Burke publia il y a plus de dix ans de cela.


vendredi 19 mars 2010

M. Browne au Griffintown

Michael Jerome Browne, guitariste, banjoiste, violoniste, harmoniciste, archéologue des blues les plus anciens, archiviste des ballades des Appalaches et des sursauts contestataires qui s'entendaient dans les mines de la Virginie de l'Ouest, Michael Jerome Browne, personnification de l'americana ou roots, c'est au choix, se produira en solitaire au Café Griffintown, le 20 mars. L'adresse? 1964, Notre-Dame Ouest. L'entrée est gratuite. Note: le show commence à 19h.
• L'occasion faisant le larron, on en profite pour conseiller vivement, vivement à la puissance 10, l'acquisition des albums que cet ancien du Stephen Barry Band a publiés sur étiquette Boréalis et auparavant sur Productions Bros. Ils sont tous de qualité totale Iso 9000. Boutade mise à part, Browne est un seigneur sans le comportement aristo.

dimanche 21 février 2010

Les samedis de Levon Helm

• Tous les samedis, enfin presque, Levon Helm, le batteur, LE chanteur de The Band, reçoit chez lui à Woodstock. Pour être exact, dans le cadre des Midnight Ramble Sessions, il invite des musiciens qui inclinent vers le blues, le folk, le terre-à-terre. Au fil des ans récents, il a reçu dans son studio Dr John, Emmylou Harris, Little Sammy Davis, Hubert Sumlin et une floppée d'éclaireurs. À ses côtés, il y a, samedi après samedi, sa cohorte de fidèles, dont Amy Helm, sa fille, à la mandoline, à la guitare et à la voix, Teresa Williams à la guitare et au chant, Steve Bernstein, le trompettiste de SexMob et de la diaspora, Eric Lawrence, saxophoniste, Byron Isaacs à la contrebasse, Brian Mitchell aux claviers et, surtout, surtout, Larry Campbell, guitariste et violoniste, qui après avoir joué aux côtés de Bob Dylan pendant des lunes est devenu un producteur très apprécié. C'est Campbell qui a coordonné le Dirt Farmer, qui a remporté un Grammy, et le Electric Dirt de Levon.
• Tout cela pour vous conseiller vivement d'assister aux shows des Midnight Ramble Sessions qui se tiennent, on le rappelle, dans son studio, sa maison. Maintenant, la popularité de ces sessions étant prononcée, toutes celles qui sont à l'affiche jusqu'au 13 mars y compris sont sold out. Par contre, le 20 mars ainsi que le 27, des places assises sont toujours disponibles. À noter que le 20, le duo formé par les frères Wood, duo porté vers le blues le plus acoustique qui soit, se produira en première partie. Et alors? Chris Wood est également le contrebassiste de Medeski, Martin and Wood. Après eux, Levon jouera en compagnie de l'harmoniciste et chanteur de vieux blues Little Sammy Davis. Prix du billet? 150 $ US. Sur le site levonhelm.com, il suggère un certain nombre d'hôtels et motels. Pour se rendre à son studio, il faut compter 4 heures, 4 heures 30 de route à partir de Montréal.