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lundi 1 novembre 2010

Dr John au micro de McPartland

• L'idée est excellente. De quoi s'agit-il? Le réseau NPR, la radio publique des États-Unis, vient de rediffuser une entrevue de Dr John que la pianiste Marian McPartland avait réalisée en... 1989! Au cours de ce dialogue, entrecoupé de pièces interprétées live, Le Baron Samedi des musiques vaudous évoque l'influence déterminante de James Booker, de Fats Domino et du Professor Longhair. Il est également question de sa collaboration avec le génie des lieux de La Nouvelle-Orléans, soit Allen Toussaint, et d'autres étapes de la très longue carrière du conservateur des gris-gris. Cette interview est un régal.
Dr John chez NPR

samedi 17 juillet 2010

Mose Allison au micro

• Il y a quelques semaines de cela, le pianiste, auteur, compositeur Mose Allison, admiré par une ribambelle de groupes rock dont The Who qui avait transformé son Young Man Blues, publiait un nouvel album après une douzaine d'années de silence. Paru sur étiquette Anti, ce disque s'intitule The Way Of The World. Il a été produit par Joe Henry, un des meilleurs qui soit actuellement. C'est Henry en effet qui a été l'architecte des récents disques d'Allen Toussaint, Ramblin' Jack Elliott et d'autres.
• Toujours est-il qu'il a fallu une bonne année de persuasion de la part de Henry pour convaincre Allison, aujourd'hui 82 ans, de rentrer à nouveau dans un studio en compagnie des habituels complices de Henry. Jay Bellerose est à la batterie, David Piltch à la contrebasse, Greg Leisz et Anthony Wilson aux guitares ainsi que Walter Smith au ténor. Cette semaine, le vieux pianiste originaire du Mississippi confiait à NPR comment lui et Henry avaient travaillé. L'entretien est entrecoupé de trois solos.
Allison à NPR

jeudi 8 juillet 2010

R. Weston au micro de NPR

• Chaque écho qui nous parvient de Randy Weston constitue un long moment de cette chose si facile à kidnapper qui s'appelle le bonheur. Oui, Randy Weston est une équation égale au bonheur. Si on en doute, il suffit d'écouter son Mystery of Love avec le très regretté Teddy Edwards au ténor. Cela suffira à convaincre les sceptiques, qu'on apprécie d'autant plus qu'ils sont autant de contradictions des crédules.
• Toujours est-il que ce pianiste immense parce que détenteur d'un style reconnaissable entre tous a été le sujet d'une récente émission de la pianiste Marian McPartland, qui anime depuis plus de trente ans les ondes de NPR, le réseau radio de PBS. Et alors? C'est près d'une heure de bonheur. De musique et d'intelligence.
• De Weston, on sait trop peu qu'il faisait dans les musiques du monde des décennies avant que ce terme soit introduit dans le langage courant. De tous les musiciens de jazz, il fut le premier à s'intéresser, à étudier, à se passionner pour les origines africaines du jazz. Il a été le précurseur d'un mouvement ou courant qu'Art Blakey, Archie Shepp, The Art Ensemble of Chicago, John Carter, Julius Hemphill, Chico Freeman, David Murray et quelques autres ont creusé. Tout dans l'heure qui suit est digne de mention très bien.
Weston à NPR

lundi 31 mai 2010

Duo de grâce: Hicks et Morgan

• C'est bien simple: l'album John Hicks & Frank Morgan - Twogether, c'est la grâce et la fragilité du saxophoniste Morgan enrobées par la polyvalence et la puissance du pianiste John Hicks. Autant Morgan fait penser à Art Pepper, et vice et versa, les deux ayant suivi un parcours à l'identique parce que les deux menaient la vie avec les fleurs de peau, autant Hicks fait penser à Jaki Byard. Comme ce dernier, sa maîtrise des styles qui ont rythmé l'histoire du jazz tenait de la ferveur encyclopédique. Comme Byard, Hicks pouvait évoquer aussi bien Earl Hines que Monk en insérant ici et là son style, ses marques, sa manière.
• Publié par High Note, Twogether est un disque tout ce qu'il y a de classique dans le sens noble du terme et non vieillot. La raison de cela tient en un mot: le programme. Quel est-il? Parisian Thoroughfare, Night In Tunisia, My One And Only Love, Round Midnight, N.Y. Theme et Passion Flower. Bref, ça débute avec Bud Powell, ça se conclut avec Billy Strayhorn avec Gillespie, Monk, Dorham et quelques autres écrivains constamment relus.
• Tous ces morceaux ont été gravés devant publics. Quelques-uns à la Jazz Bakery à Los Angeles, quelques autres à New Hope en Pennsylvanie. Ces derniers sont en fait des solos de Hicks. Cela rappelé, Twogether vaut par la complicité évidente qui liait ces deux artistes morts un an après (2006) leurs prestations. Twogether n'est pas la conjugaison de la grâce avec la volupté, mais bien de la grâce de Morgan avec la vitalité de Hicks. Histoire de saluer la mémoire de Morgan, on vous propose l'entretien passionnant, entremêlé de pièces live, qu'il eut avec la pianiste Marian McPartland en février 2004.
Morgan chez McPartland

lundi 17 mai 2010

Gentleman Jones n'est plus

Hank Jones, le doyen des pianistes de jazz, l'aîné des frères Elvin et Thad, n'est plus. Il avait 91 ans, avait tout fait, tout entendu, tout vu. Entre son arrivée à New York au début des années 40 et son dernier souffle, Jones a mis son talent de pianiste classique au service de Charlie Parker et Andy Williams, Ella Fitzgerald et Cannonball Adderley, Billie Holiday, Coleman Hawkins... En fait, pour faire court, l'homme né un an après le premier enregistrement d'un disque de jazz a accompagné tout le monde. À telle enseigne qu'il a défini, pour ainsi dire, les paramètres qui distinguent le simple faire-valoir de l'excellence.
• Bizarrement, ce n'est qu'à partir de la soixantaine que son nom va commencer à circuler en dehors du cercle des initiés, lorsque paraissent, notamment, ses enregistrements avec Tony Williams et Ron Carter, les enregistrements du Great Jazz Trio. Ces albums, c'est à noter, sont publiés au milieu des années 70. Et alors? En 1975, le réseau CBS «ferme» l'orchestre que Jones dirigea pendant une quinzaine d'années au bénéfice du chanteur-animateur Andy Williams. CQFD: au cours de cette période, Jones ne fit pas de tournées.
• En juillet dernier, celui qui connaissait tous les standards fit la couverture de JazzMan. De l'entretien mené par Alex Dutil, on a retenu ceci: «Jusqu'ici, je n'ai jamais fait que répondre aux sollicitations qui m'arrivaient, sans le moindre plan de carrière. On me téléphonait pour un accompagnement? J'y allais. Que ce soit pour une chanteuse, un instrumentiste ou un big band, peu importe. On me proposait d'assurer une séance d'enregistrement en leader? J'acceptais avec joie. Il s'agissait d'écrire de la musique? Je me mettais aussitôt au travail [...] Ma vie de jazzman, c'est au jour le jour.» Ave!

dimanche 2 mai 2010

LE son Eric Alexander

• Ça nous arrive. De-que-cé? De passer à côté d'un musicien. De le rater pendant des lunes d'obédience indienne du Nord. Ce fut le cas avec Eric Alexander, saxophoniste ténor encore jeune qui a déjà un son bien à lui. Un son sculpté. Un son qui s'inscrit dans la lignée des champions de la catégorie dite de mi-moyens. Celle à laquelle appartenaient ou appartiennent Hank Mobley, George Coleman, Joe Henderson, Steve Grossman, Richie Kamuca, Junior Cook et bien d'autres ayant fréquenté notamment les bancs d'école des Jazz Messengers. On aura compris qu'Alexander est un ténor «bi-beaupe», comme disent les Français de France.
• Toujours est-il qu'il y a peu, on s'est payé Revival of the Fittest (24 $ sans les taxes), sur étiquette High Note, parce que sur la pochette on avait lu le nom de Joe Farnsworth, batteur qui se distingue par sa finesse, celui de Nat Reeves, contrebassiste qui se singularise par son classicisme, et surtout, surtout, celui de Harold Mabern, pianiste qu'on adore depuis des lunes sans croissant. On a d'ailleurs appris qu'Alexander fut l'élève de Mabern.
• Le programme est fait de compositions originales, dont le sensible Blues For Phineas de Mabern ou Yasashiku d'Alexander, et de standards, dont le You Must Believe In Spring de Michel Legrand. Bref, les ballades côtoient les enlevées, qui voisinent parfois avec des antillaises. Toujours est-il (bis) qu'on a énormément apprécié la sonorité angulaire d'Alexander, son épaisseur qui fait de notre homme un souffleur à mille lieues du territoire aujourd'hui si fréquenté par les rabatteurs de la technique. On a apprécié le jeu très précis de la formation rythmique. Si vous aimez les musiciens nommés plus haut, alors n'hésitez pas...
• On vous propose deux choses: d'abord, une entrevue réalisée dans les studios de la radio de Seattle du réseau NPR, entrecoupée de prestations d'Alexander en duo avec le pianiste David Hazeltine. Ensuite? Alexander et Mabern au Duc des Lombards à Paris.

jeudi 22 avril 2010

L'architecte Bill Frisell

• Le guitariste Bill Frisell n'arrête pas. Il travaille tout le temps, constamment. Actuellement, il tourne aux États-Unis avec des formations à géométrie variable. Lorsqu'il ne se produit pas avec le pianiste Jason Moran et le batteur Kenny Wollensen, il ponctue de ses improvisations les films de Buster Keaton avec les membres d'un autre trio après avoir consacré une série de spectacles aux compositions de John Lennon tout en préparant une série de concerts européens avec le pianiste Brad Meldhau quand il ne joue pas avec les fines lames des cordes que sont Marc Ribot, Buddy Miller et Greg Leisz.
• Avec ces derniers, le guitariste aujourd'hui installé à Seattle a enregistré un album auquel les chanteuses Emmylou Harris, Patty Griffin, Shawn Collins et Leeann Womack ont participé. Le contrebassiste? Dennis Crouch. Le batteur? Jay Bellerose. Ce disque paraîtra sur l'étiquette New West Records. Quoi d'autre? Frisell occupera la scène du Village Vanguard à douze (douze!) reprises au mois de mai, entre le 4 et le 16, avec des groupes aux configurations diverses.
• En attendant la publication de son nouvel opus, voici l'entretien qu'il a eu avec la pianiste Marian McPartland.

samedi 20 mars 2010

S. Rollins au micro de NPR

• La station radio de Boston du réseau NPR a invité récemment Sonny Rollins dans ses studios pour un entretien mené par Tom Ashbrook, un généraliste de l'information. Bob Blumenthal, historien et critique de jazz réputé, s'est joint à l'entrevue. La nouvelle des nouvelles? Celui-ci vient de terminer une biographie consacrée au dernier des géants. Intitulée The Sax Colossus, elle paraîtra en septembre prochain.
• Le 27 juin, Rollins se produira dans le cadre du Festival de jazz de Montréal.

dimanche 21 février 2010

McBride rencontre Roberts

• En l'absence de la pianiste Marian McPartland, qui dialogue avec les «jazzeux» depuis plus de trente ans, le réseau NPR, en fait la radio de PBS, a demandé au contrebassiste Christian McBride de la remplacer. Son invité? Le pianiste Marcus Roberts, qui se fit connaître au début des années 80 alors qu'il était membre du quintet de Wynton Marsalis avant d'installer, si l'on peut dire, sa réputation en publiant Alone With Three Giants sur étiquette Novus. Les géants? Jelly Roll Morton, Duke Ellington, Thelonious Monk. Au cours de cet entretien, il confie comment il a rencontré Marsalis, il évoque John Coltrane, Sonny Rollins et décline évidemment sa passion pour le jazz classique. Quoi d'autre? Entre deux réponses, il joue live et notamment du Duke Ellington.