• Dans les années 80, les cheminées vertes de Thelonious Monk ont été rénovées par son ancien ténor Charlie Rouse avec les complicités de Sahib Shihab au baryton, qui participa au premier enregistrement de Round Midnight, de Claudio Roditi à la trompette, de Walter Davis Jr. au piano, de Santi Debriano à la contrebasse et de Victor Lewis à la batterie. L'étiquette? Uptown, fondée par un médecin montréalais: Robert E. Sunenblick. Hélas, trois fois hélas, cette étiquette a disparu des bacs des disquaires. Toujours est-il que le titre de cet album magnifique de bout en bout est simplement celui-ci: Soul Mates, une composition de Mal Waldron. Cela étant, pour nous cette session a quelque chose de maudit puisqu'elle devait s'avérer la dernière de Rouse, Shihab et Davis Jr. Amen! Suit: Green Chimneysvendredi 3 décembre 2010
Un morceau, un seul
• Dans les années 80, les cheminées vertes de Thelonious Monk ont été rénovées par son ancien ténor Charlie Rouse avec les complicités de Sahib Shihab au baryton, qui participa au premier enregistrement de Round Midnight, de Claudio Roditi à la trompette, de Walter Davis Jr. au piano, de Santi Debriano à la contrebasse et de Victor Lewis à la batterie. L'étiquette? Uptown, fondée par un médecin montréalais: Robert E. Sunenblick. Hélas, trois fois hélas, cette étiquette a disparu des bacs des disquaires. Toujours est-il que le titre de cet album magnifique de bout en bout est simplement celui-ci: Soul Mates, une composition de Mal Waldron. Cela étant, pour nous cette session a quelque chose de maudit puisqu'elle devait s'avérer la dernière de Rouse, Shihab et Davis Jr. Amen! Suit: Green ChimneysPour Pepper Adams
• Histoire de sortir de l'oubli Pepper Adams, LE baryton du bebop, son cadet Gary Smulyan a décidé de lui rendre hommage en compagnie de Barry Harris au piano, de David Wong à la contrebasse et de Rodney Green à la batterie. Leur prestation a été enregistrée lors du festival de jazz de Detroit, ville où ont grandi quantité d'immenses musiciens, dont Adams et Harris, sans oublier Donald Byrd, qui codirigea avec Adams un quintet ayant signé plus d'un album sur étiquette Blue Note.
Smulyan et Adams
Smulyan et Adams
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jeudi 2 décembre 2010
Dylan par Sidran
• Il y a un an, on devrait dire, un an tout juste, le pianiste, compositeur, auteur et chanteur Ben Sidran, par ailleurs héritier direct de Mose Allison, publiait un album... conquérant! Un disque entièrement consacré aux textes et musiques de Bob Dylan qu'il avait enregistrés dans un village de la lointaine Alsace avec des musiciens français.• Aujourd'hui, toujours sur étiquette Bonsaï Music, il remet ça. Mais cette fois, c'est live. À la guitare, on retrouve Rodolphe Burger, à la basse il y a Marcello Giuliani, à la batterie on retrouve Alberto Malo. Sur certaines pièces, Eric Truffaz, par trompette interposée, ponctue le tout à l'aune du juste à temps.
• Le programme? Gotta Serve Somebody, Rainy Day Women, Blowin' In The Wind, Subterranean Homesick Blues, All I Want Really To Do, Tangle Up In Blue, Everything Is Broken, Maggie's Farm, Love Minus Zero, The Times They Are Changin, On The Road Again, We Are Here But For A Minute. Autrement dit, c'est Dylan des années 60 aux 90. Le résultat est simple à formuler: ce live est un excellent complément d'objet direct — direct! — aux versions studio. Suit Maggie's Farm:
samedi 27 novembre 2010
Un morceau, juste un
• Steve Grossman est au saxo, le ténor. Michel Petrucciani est au piano. Andy McKee est à la contrebasse. C'est lui qui a écrit cette ballade poignante comme le sont parfois les ballades. Le titre? Inner Circle. Joe Farnsworth est à la batterie, tendance fine, subtile. Ce morceau, publié sur un album intitulé Steve Grossman With Michel Petrucciani sur étiquette Dreyfuss Jazz, c'est un moment de grande beauté. Il n'y a absolument rien à ajouter.Willie Nelson à NPR
• Oui, oui, oui, Willie Nelson a été l'invité de Marian McPartland, la pianiste qui anime l'émission Piano Jazz depuis plus de trente ans. Après Hank Jones, James Moody, Dizzy Gillespie et quantité d'autres «jazzeux», voici donc Nelson qui alterne country avec classiques du jazz. C'est enjoué, sympathique, sans prétention. Bref, voici une heure de petits bonheurs au cours de laquelle vous entendrez aussi bien Crazy que Nuages ou encore le fameux Stardust de Hoagy Carmichael.Nelson à NPR
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Max Roach derrière le Mur
• Max Roach a toujours été synonyme de costaud. Musicalement, il va sans dire, mais également politiquement causant. Avec Charles Mingus, il fut un réfractaire, un constant contestataire. Dans les années 80 comme dans les années 40. Au début des années 70, il avait mis sur pied un quartet sans piano. Le trompettiste Cecil Bridgewater fut d'abord engagé, puis le saxophoniste Odean Pope et le bassiste Tyrone Brown les rejoignirent pour former un orchestre plus fréquemment enregistré en Europe qu'aux États-Unis.• Il y a peu Naxos a signé un accord de distribution avec le label allemand Jazzwerkstatt. «Fais que» depuis peu on peut entendre la captation du show donné par Roach et ses collègues le 16 juin 1984 au Jazzbühne à Berlin-Est. De ce spectacle, six pièces d'anthologie, c'est le cas de la dire, ont été retenues qui composent ce Max Roach - Live In Berlin: Jordu de Duke Jordan, Giant Steps de John Coltrane, Six Bits de Roach, Good Bait de Tadd Dameron et Perdido de Juan Tizol.
• Cet album est à l'image du batteur: hénaurme. Du début à la fin. C'est Roach comme on l'apprécie: qui dérange, qui chaloupe, qui pique, qui est toujours dans la densité. C'est du très costaud. D'autant que Pope, Bridgewater et Brown ne font jamais dans la dentelle. C'est pas cool-machin-chose, c'est hard-bop. Et c'est tant mieux. Suit: Jordu.
jeudi 25 novembre 2010
Charlie Parker: la totale
• Sur la pochette de la nouvelle publication de Frémeaux & Associés, les mémorialistes des sonorités diverses du monde mondial, on peut lire ceci: Intégrale Charlie Parker - Groovin High - 1940-1945. Parmi ces mots et ce nom propre, il y a une information d'une grande importance: intégrale! Pour la première fois dans l'histoire du jazz, à moins que l'on soit dans les patates, ce qui ne serait pas étonnant, une maison de disques, ici la républicaine Frémeaux, a décidé de rendre à Parker ce qui lui revient: une réédition digne de ce nom de ses péripéties acoustiques.• Dans le passé, Parker a été le sujet de rééditions. La plupart du temps, celles-ci furent bancales. Pour rester poli. Car trop souvent, les auteurs de ces entreprises s'appliquaient à nous refiler les quatre ou cinq versions de chaque pièce enregistrée par Bird. Ce faisant, ils manquaient de respect à l'égard du grand manitou du bebop ce dernier, faut-il le rappeler, ayant choisi de son vivant telle version plutôt que telle autre.
• Cela étant, ce volume 1 de The Complete Charlie Parker vaut son pesant d'or parce qu'il s'attarde au Parker d'avant le «bibeaupe». Soit le Parker membre de la grande formation de Jay McShann, du sextet de Cootie Williams, du Clyde Hart All Stars, du quintet de Tiny Grimes, etc. Et alors? Le jeu de Parker était déjà plein de sève. Vive et dense. Chapeau à Alain Tercinet, maître d'œuvre de cette intégrale. Suit Hootie Blues avec McShann.
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mardi 23 novembre 2010
Irma Thomas à Seattle
• Ça fait quoi? Trente, quarante, peut-être même cinquante ans que la chanteuse Irma Thomas égrène les blues versant La Nouvelle-Orléans et non Chicago. Un demi-siècle qu'elle roule sa bosse aux quatre coins de la planète et dans le sud des États en particulier. Le temps passant, cette grande dame est moins encline au voyage au long cours et à ses décalages horaires. Dommage! En espérant qu'un jour elle débarque à Montréal, on peut se régaler avec cet enregistrement réalisé par la radio publique de Seattle.
Irma la douce
Irma la douce
jeudi 18 novembre 2010
La vie de Randy Weston
• On sait de Randy Weston qu'il est pianiste et compositeur. On sait également qu'il a séjourné longuement en Afrique et au Maroc en particulier. À Tanger pour être précis, où il avait Paul Bowles, l'auteur d'Un thé au Sahara, comme voisin. Pas immédiat, mais enfin... On sait peu qu'il a la fibre de l'ethnologue bien trempée. Car en plus d'avoir analysé les musiques du continent où vécut Lucy, il s'est intéressé aux scientifiques africains, à l'histoire de l'empire des Dogons, etc.• On rappelle cela pour mieux souligner que l'autobiographie qu'il vient de publier chez Duke University Press va se démarquer des autres livres du genre par sa passion africaine. Cette affinité aiguisée pour le berceau de l'humanité est d'ailleurs ce qui distingue Randy Weston des autres grands du jazz. Avec constance depuis les années 50, il a instillé les rythmes africains, les mélopées africaines, dans ses albums. Le titre du livre? African Rythms: The Autobiography of Randy Weston. Après un entretien accordé à NPR, on vous propose un docu de 10 minutes réalisé par Ben Primack alias The Jazz Video Guy.
Entrevue avec Weston
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mercredi 17 novembre 2010
Le saxo essentiel: Houston Person
• On l'a peut-être déjà dit. En fait, on espère qu'on l'a déjà dit. «Deux-queue-sait»? Houston Person est le dernier ténor d'une tradition dont Coleman Hawkins fut le premier représentant avant que Ben Webster, Don Byas, Eddie Lockjaw Davis et d'autres lui emboîtent le pas. On parle bien évidemment de cette tradition dite du son lourd, sale, âpre, rugueux. De cette tradition qui oblige son adhérent à sculpter chaque note. Bref, ces bonshommes n'étaient pas des bavards. Person l'est encore moins.• Là, on vous en cause parce qu'il vient de publier une autre galette intitulée Moment To Moment sur étiquette High Note. Soit dit en passant, on lève notre chapeau à ce monsieur pour la régularité avec laquelle il nous fourgue tous les huit mois un nouvel enregistrement. Autrement dit, à l'instar de ses illustres aînés, Person est un bosseur, un travailleur.
• Ce Moment To Moment est sans surprises. Heureusement d'ailleurs. On n'attend pas de Person qu'il fasse dans la nouveauté post-moderne, mais bien qu'il nous rassure sur l'intemporalité d'un style, d'une manière d'être. D'être quoi? Un souffleur de ballades, de blues, de standards mille fois joués. Autant on apprécie John Zorn pour sa créativité, son originalité, son extrême modernité, autant on apprécie Person pour nous consoler des bruits ambiants et des répétitions imbéciles.
• Pour nous, Moment To Moment est dans ce genre, qui n'est pas un second genre, un grand disque. Faut dire que le vieux renard sait s'entourer. Comme d'habitude! Terell Stafford à la trompette, John Di Martino au piano, Randy Johnson à la guitare sur certains morceaux, Ray Drummond à la contrebasse et Willie Jones III à la batterie. Le programme est fait de ballades, de swing, de blues. Bref, c'est un régal. À preuve, ce Bleeker Street, ci-après, composé par mon ami Houston Person.
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samedi 13 novembre 2010
Chaud devant: Mel Melton
• Mel Melton est un cas. On dira que chacun est un cas, chacune également. D'accord comme eau quai! Mettons que «Mêle-thon» est un cas particulier parmi les singuliers. Car lui, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, joue de l'harmonica, de la planche-à-laver de fabrication louisianaise, il chante également mais, lui, en plus de tout cela, il est un chef. Et un grand, si on s'attarde à son «paie-dit-grès». Oui, oui... mister Mel a remporté plein de prix de grands cuistos. Bref, il touille le lapin au safran et au fromage de chèvre de la main gauche et joue de l'harmonica de la main droite. Chaud devant!• En 1969, il avait fondé un groupe avec Sonny Landreth qui écumait le sud-ouest de la Louisiane. Ils étaient passionnés par les musiques cajun-créoles, zydeco-blues-funky-bazar. Aujourd'hui, Mel et son groupe The Wicked Mojos proposent un CD au titre franc: Papa Mojo's Louisiana Dance Hall Music paru sur étiquette Bigroundrecords. Ce n'est que cela: de la musique de samedi soir, la chaleureuse, celle qui favorise les déhanchements comme les ondulations. C'est sympathique en diable, version vaudou. On ne s'ennuie pas une seconde. C'est une musique qui s'écoute avec les amis, une musique socialisante qui ne se prend jamais la tête.
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Live au Vanguard: Jason Moran
• Peu après la sortie de son album Ten, parce que cela fait dix ans que le pianiste Jason Moran est accompagné par le même contrebassiste, Tarus Maten, et le même batteur, Nasheet Waits, ce trio s'est produit au Village Vanguard au début d'octobre dernier. Enregistré par le réseau NPR, le premier set combine des compositions incluses dans son dernier CD à de plus anciennes. Pis? On a trouvé le show plus captivant que ce Ten, paru sur étiquette Blue Note, qu'on trouve parfois austère.Moran au Vanguard
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Un morceau, juste un
• Il suffira d'un morceau, juste un. Un blues de Melvin Jackson dit Lil'Son qui était un contemporain de Lightnin' Hopkins. C'est lui, Melvin, qui a composé ce Travelin'Alone qu'Eric Clapton a repris à son compte. Ça se passe de commentaires. Slowhand est entouré de Doyle Bramhall II à la guitare, de Willie Weeks à la basse, de Walt Richmond à l'orgue et de Jim Keltner à la batterie.mardi 9 novembre 2010
Les passagers du jazz
• Ils sont de retour. Ça leur a pris tellement de temps qu'ils méritent un qualificatif particulier, The Jazz Passengers. Lequel? Bande d'enfoirés! Lorsqu'on est un adhérent de l'antique axiome, celui de Démocrite pour être exact, même si on n'en est pas certain, qui enseigne que qui aime bien, châtie bien, on ne fait pas dans le détail. Bref, on répète: bande d'enfoirés!• Because, comme dirait Queneau le Grand, ça fait une paye, et une grosse qui plus est, que vous ne vous étiez pas signalés à nous alors que vous saviez fort bien que, depuis la mise en quarantaine des Lounge Lizards pour cause de maladie, celle qui a frappé John Lurie, nous étions en deuil du jazz-rigolo-décapant-surprenant. En clair, lui malade, vous vous être mis aux abonnés absents. Bande de faces d'anchois!
• Bon. Aujourd'hui le saxophoniste Roy Nathanson, le tromboniste Curtis Fowlkes, les fondateurs du groupe, le vibraphoniste Bill Ware, le contrebassiste Brad Jones, le batteur E. J. Rodriguez, le guitariste Marc Ribot, deux violonistes, et deux chanteurs invités sur trois morceaux, Elvis Costello et Deborah Harry, proposent une galette pleine d'humour et bourrée d'inventions. Intitulé The Jazz Passengers - Reunited — vous auriez pu trouver un autre titre, non? —, cet album, paru sous licence au Canada sur l'étiquette Justin Time, il vous nettoie les neurones à la nanoseconde. C'est dire! Voici Spanish Harlem.
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samedi 6 novembre 2010
Dix minutes de Chess
• Voici un petit «docu» — dix minutes seulement — sur les blues de Chess Records, le fameux label qui publia les galettes signées par Muddy Waters, Willie Dixon, Little Walter, Etta James, Sonny Boy Williamson, Otis Spann, Howlin' Wolf, Eddie Boyd, Chuck Berry, Bo Diddley, Buddy Guy... On arrête? Pas question! De Lafayette Leake, J. B. Lenoir (Yes!), Billy Boy Arnold, Jimmy Witherspoon, Floyd Dixon, Jimmy Rogers, Otis Rush... La liste est longue? On est fatigué par ce «name dropping»? OK! On stoppe parce que la liste des musiciens lancés par cette étiquette fondée par deux immigrants polonais est effectivement si longue que l'on pourrait se contenter d'écouter du Chess et juste du Chess.• Bon. Tout ça pour signaler que ce docu a un petit quelque chose «d'arty» qui en fait un docu bien agréable.
Chess en 10 minutes
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vendredi 5 novembre 2010
Live au Vanguard: Lou Donaldson
• Le saxophoniste alto Lou Donaldson, eh bien, cette semaine, il a soufflé 84 bougies. Yio! CQFD: le souffleur des histoires, parfois rugueuses, parfois salaces, des histoires qui effraient la bourgeoise et tétanisent le petit-bourgeois bien pensant, eh bien, il est toujours-là à les souffler les histoires en question. Pourtant, Dieu sait s'il en a bavé, ce bonhomme dont la volonté, la musicale s'entend, a toujours consisté à dispenser du plaisir! Nom dé diou!• Cette semaine, il occupe la scène étroite, géographiquement causant, du Village Vanguard. Et comme d'habitude, le réseau NPR a capté le premier set de mercredi. Pis? L'auteur du fameux Blues Walk est accompagné par l'organiste Pat Bianchi, le guitariste Randy Johnston et le batteur Fukushi Tainaka né en... Alabama! Bonne écoute!
• P.-S.: c'est de la musique de nuit.
Lou au Vanguard
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jeudi 4 novembre 2010
Mark Murphy au Upstair's
• C'est étrange, vraiment étrange. Le chanteur Mark Murphy, qui se produira ce soir et demain au Upstair's, mérite, lui, le qualificatif de légende que les médias emploient à toutes les sauces, souvent les mauvaises. L'étrangeté? Ses albums sont si mal distribués de ce côté-ci de la frontière qu'on se demande si le traité de libre-échange n'est pas le piège qu'on tend aux crédules. Pourtant, on se souvient que dans les années 70 il régalait la compagnie année après année avec ses enregistrements pour le label Muse. Un des grands labels de l'époque. Autrement dit, lorsqu'il était sous contrat avec Muse, le chanteur de la puissance côtoyait Barry Harris, Dolo Cocker, Dexter Gordon, Teddy Edwards, Louis Hayes et autres clochards célestes.• Clochards célestes... Si on emprunte ce terme à Kerouac, c'est pour mieux souligner qu'à cet écrivain Murphy a consacré tout un album. Car ce chanteur beatnik est aussi un homme qui jongle avec les mots. Qui écrit des paroles qu'il colle ensuite aux compositions des autres. On pense notamment au Stolen Moments d'Oliver Nelson. Il a aussi marqué les esprits par ses clins d'œil constants à Nat King Cole, de ses débuts dans les années 50 — oui, il est sur les planches depuis un demi-siècle — à aujourd'hui.
• Pour ceux et celles qui aiment le jazz chanté, la venue de Murphy est la grande affaire, si l'on peut dire, de la fin de l'année. À noter que ce soir et demain, il sera accompagné de Dave Laing à la batterie,de Misha Platigorsky, son pianiste depuis des années, et d'Alec Walkington à la contrebasse.
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mercredi 3 novembre 2010
Le big-band de Jimmy Heath
• De Jimmy Heath, on sait qu'il est saxophoniste ténor. Qu'à Philadelphie, sa ville natale, il avait notamment John Coltrane comme copain. On sait que le contrebassiste Percy Heath est son grand frère et que le batteur Al, dit Tootie, est le benjamin. Qu'il a vécu l'émergence du be-bop. On sait qu'il a joué avec tous les grands de l'âge d'or. On sait...
• On sait beaucoup moins qu'il est un sacré composeur et un sacré arrangeur. Que certaines de ses pièces ont fait la fortune, pas au sens financier du terme, de Dexter Gordon ou encore de Cannonball Adderley. On sait moins également qu'en 1947, il avait monté son propre big-band avant d'intégrer celui de Dizzy Gillespie. On sait beaucoup moins que sa vraie passion musicale s'appelle: «ze bigue-bande». Le voici live au Blue Note à New York. C'est du gâteau.
Heath Live
• On sait beaucoup moins qu'il est un sacré composeur et un sacré arrangeur. Que certaines de ses pièces ont fait la fortune, pas au sens financier du terme, de Dexter Gordon ou encore de Cannonball Adderley. On sait moins également qu'en 1947, il avait monté son propre big-band avant d'intégrer celui de Dizzy Gillespie. On sait beaucoup moins que sa vraie passion musicale s'appelle: «ze bigue-bande». Le voici live au Blue Note à New York. C'est du gâteau.
Heath Live
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mardi 2 novembre 2010
La bio de Bill Evans
• À ce que l'on sache, How My Heart Sings est la seule biographie consacrée au pianiste Bill Evans. Son auteur, Peter Pettinger, est lui aussi pianiste. Un concertiste versé en musique classique qui s'est distingué, entre autres choses, par son interprétation des sonates composées par Bela Bartok. On insiste: Pettinger n'est pas un musicien de jazz. Ceci explique probablement cela: la place qu'il accorde à l'analyse musicale de telle pièce écrite par Evans, de telle progression d'accords lors de l'enregistrement de tel disque, alourdit passablement la lecture. Dans le genre, on a lu beaucoup, beaucoup mieux.• En fait, l'ouvrage de Pettinger publié par les éditions Yale University Press s'adresse avant tout aux grands admirateurs d'Evans. À ceux qui veulent connaître les détails inhérents à l'enregistrement de Nardis ou de Song For Helen. Cela étant, cette bio a ceci de faible qu'elle s'attarde trop peu sur les années dites de formation. Autrement dit, une biographie digne de ce nom reste à faire. En attendant, voici Israël en compagnie de Scott LaFaro à la contrebasse et de Paul Motian à la batterie.
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lundi 1 novembre 2010
Dr John au micro de McPartland
• L'idée est excellente. De quoi s'agit-il? Le réseau NPR, la radio publique des États-Unis, vient de rediffuser une entrevue de Dr John que la pianiste Marian McPartland avait réalisée en... 1989! Au cours de ce dialogue, entrecoupé de pièces interprétées live, Le Baron Samedi des musiques vaudous évoque l'influence déterminante de James Booker, de Fats Domino et du Professor Longhair. Il est également question de sa collaboration avec le génie des lieux de La Nouvelle-Orléans, soit Allen Toussaint, et d'autres étapes de la très longue carrière du conservateur des gris-gris. Cette interview est un régal.Dr John chez NPR
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