• Pour souligner la mémoire d'Abbey Lincoln, le réseau NPR vient de mettre en ligne le premier d'une série d'articles ponctués d'extraits sonores des différents albums qu'elle a enregistrés dans les années 50 et au début des années 60. Les textes publiés par le réseau radio de PBS, le meilleur réseau télé en Amérique du Nord, sont signés Lara Pellegrinelli.
• En attendant la suite, Pellegrinelli, qui a bien connu Lincoln. qui l'a fréquentée régulièrement, insiste sur ce qui différencie Lincoln de ses collègues chanteurs. Et alors? Après un premier album logeant à l'enseigne du rose bonbon, elle a décidé d'échapper au piège du «showbiz-business» en composant ses chansons. Elle voulait interpréter SES mots. À lire. C'est instructif.
Lincoln par NPR
jeudi 19 août 2010
mercredi 18 août 2010
Abbey Lincoln est morte
• Abbey Lincoln n'est plus. Elle avait 80 ans. Abbey n'était pas comme les autres. Pas du tout. De toutes les chanteuses d'aujourd'hui et du hier proche, elle était LA seule qui aurait pu chanter le I'm not Like Everybody Else de Ray Davies, le chroniqueur british. Car effectivement, elle n'était vraiment pas comme les autres. Elle fut engagée, introspective, et digne de ses débuts à la toute fin. Abbey n'a jamais concédé un brin de son libre arbitre.• À la fin des années 50 et au début des suivantes, elle fut en pointe sur le front des droits civiques avec son mari d'alors, le batteur Max Roach. La voix du We Insist! Freedom Now, c'était elle. À l'époque, elle était également actrice. C'est elle qui, par exemple, partage les rôles avec Sidney Poitier dans le film For Love of Ivy. Elle campe la servante d'une famille blanche et aisée.
• Dans les années 70 et 80, Abbey Lincoln se tient volontairement en retrait. Puis, au cours de la décennie suivante, l'excellent producteur français Jean-Philippe Allard parvient à la convaincre d'enregistrer de nouveau. Dans une série d'albums remarquables, elle se distingue de ses consœurs et confrères par SES compositions. Ses mots qui se conjuguent toujours avec empathie et mélancolie. Abbey Lincoln, c'est le cas de le dire, était une très grande dame. Amen!
Down Here Below par Abbey Lincoln
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mardi 17 août 2010
Des dizaines de shows
• C'est une grande et grosse nouvelle qu'on pouvait lire dans le New York Times d'aujourd'hui. Voilà, on vient d'apprendre que le National Jazz Museum, situé à Harlem, vient de faire l'acquisition de la collection William Savory. Mais encore? Dans les années trente, ce dernier a enregistré 1000 retransmissions radiophoniques de shows divers. Savory était musicien mais également, voire surtout, un génie de la technique.• Étant cela, un bidouilleur débrouillard, il avait développé une technique proche du 33 tours à une époque où le 78 tours régnait en maître. Le hic, c'est que, collectionneur jaloux et excentrique, il n'avait jamais voulu que ces enregistrements soient publiés de son vivant.
• Toujours est-il que d'ici quelques mois, et à la suite donc de cette acquisition, les amateurs que nous sommes vont enfin pouvoir entendre des inédits — restez calmes! — de Louis Armstrong, Duke Ellington, Coleman Hawkins, Count Basie, Billie Holiday, Lester Young, Bunny Berigan, Benny Goodman, Ella Fitzgerald, Fats Waller et quantité d'autres clochards célestes.
• Selon les témoignages recueillis par le New York Times, Savory, né Desavouret, ses parents étaient des immigrants français, était un avant-gardiste sur le plan technique. CQFD: beaucoup des ces 1000 disques sont d'une qualité rare pour l'époque. Bon, la caverne d'Ali Baba vient de s'ouvrir.
National Jazz Museum
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lundi 16 août 2010
Viva Bo Ramsey!
• Au fond, c'est à se demander si Bo Ramsey n'est pas l'alchimiste en chef de ces sensibilités musicales qui composent l'americana ou roots, ou on ne sait trop quoi. Bref, il s'agit de ce mélange fait de blues, de country, de folk, de marguerites, de truites, de bières fraîches et de fraises sauvages. T'sais veux dire.• Toujours est-il que Bo Ramsey, né dans l'Iowa entre deux champs de maïs, comme son vieux complice le chanteur et guitariste Greg Brown, est l'archétype de ce musicien que vous pensez ne pas connaître alors que vous le connaissez fort bien si vous connaissez Lucinda Williams, Mark Knopfler, Calexico, Pietra Brown ou encore les artistes liés au label Red House Records, qui a d'ailleurs été fondé en 1981 par Brown. De-que-cé? Ramsey est le producteur de biens des albums publiés par cet excellent label.
• L'ennui avec Ramsey, c'est qu'il met ses talents de guitariste si souvent au profit des autres qu'on est moins au parfum des airs qu'il compose, des mots qu'il écrit pour lui. Bref, ses disques sont trop méconnus. On pense notamment à l'admirable Fragile publié il y a un an ou encore à In The Weeds ou à l'admirable Stranger Blues. Aussi, quand on est tombé sur la vidéo qui suit...
Bo Ramsey
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samedi 14 août 2010
Jazz Magazine: H. Hancock
• Ce mois-ci, Jazz Magazine/JazzMan propose un long dossier — 25 pages — à Herbie Hancock. C'est bien simple, il s'agit d'un arrêt en mots et en images sur les 50 ans de carrière de ce pianiste, compositeur, producteur. Hancock mis à part, il est question de la passion du dessinateur Siné pour le jazz de Terri Lyne Carrington, Lenny White, le batteur de la fusion, du guitariste Lionel Loueke. À la dernière page de ce numéro, on est tombé sur un portrait du trompettiste Booker Little. Cet article est un régal.• «Sans doute fallait-il un trompettiste hors du commun pour consoler Max Roach de la disparition brutale de Clifford Brown... mais le remplacer dans son quintet n'était pas une mince affaire. Le batteur commença par engager provisoirement Donald Byrd puis Kenny Dorham, avant de trouver en Booker Little le successeur adéquat.» Suit une vidéo enregistrée en 1958 avec Roach et Booker:
Live au Vanguard: Greg Osby
• Après le pianiste Barry Harris, voilà que le saxophoniste Greg Osby et ses complices se sont installés au Village Vanguard. Et comme d'habitude le réseau NPR a enregistré la prestation de ce vétéran qui n'en a pas l'air. À la batterie, on retrouve Terri Lyne Carrington, la contrebasse est entre les mains de Joseph Lepore, la guitare entre celles de Nir Felder, et puis, et puis, au piano il y a le grand Marc Copland.
• Le programme de ce set de plus d'une heure est le suivant: le standard Night And Day, Autumn Wind et Round She Goes de Copland, Ask Me Now de Monk, Vertical Hold et Please Stand By d'Osby himself.
Osby au Vanguard
• Le programme de ce set de plus d'une heure est le suivant: le standard Night And Day, Autumn Wind et Round She Goes de Copland, Ask Me Now de Monk, Vertical Hold et Please Stand By d'Osby himself.
Osby au Vanguard
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jeudi 12 août 2010
Le blues neuf des vieux
• Pinetop Perkins et Willie Smith, dit Big Eyes, sont vieux. Le premier bien davantage que le second puisque le 13 jullet dernier il a eu 97 ans. À bien des égards d'ailleurs, Perkins est au blues ce que fut Eubie Blake au jazz en général et au ragtime en particulier. Ah oui... l'âge de «Gros yeux»? 76 ans. Tous les deux se sont connus lorsque Smith, après un intermède de trois ans au cours desquels il «chauffait» un taxi dans la Ville des vents, Chicago évidemment, a réintégré la bande menée par Muddy Waters, l'auteur de I'm A Rolling Stone. Smith était alors le batteur, Perkins le pianiste.• Après la mort des «Eaux boueuses», celles du Mississippi il va sans dire, Perkins, lui aussi originaire du Mississippi, et Smith, lui vient de l'Arkansa, se sont retrouvés au sein du Legendary Blues Band avant d'enregistrer Joined At The Hip que l'étiquette Telarc vient de publier. Ils étaient accompagnés de Kenny Smith, dit Big Smile, qui est le fils de Big Eyes, de Bob Stroger, bassiste vétéran de la scène de Chicago, de Little Frank Krakowski à la guitare et surtout, surtout, John Primer à l'autre guitare.
• Le résultat est... comment dire? C'est frais, plein de fraîcheur. Cela paraîtra étrange, mais les vieux ont fait quelque chose de frais parce qu'ils ont fait du neuf avec du vieux. Si les rythmes, les mélodies, ne nous sont pas étrangères, les mots le sont, Smith ayant composé la majorité des morceaux. Autrement dit, il ne s'agit pas d'un album reprenant les Mannish Boy et autres Same Thing de Waters. Quoi d'autre? Pour cette production, Smith joue de ce qui fut son premier instrument: l'harmonica. Joined At The Hip symbolise à lui seul ce qu'on entend par Chicago Blues versant South Side.
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mercredi 11 août 2010
mardi 10 août 2010
Preservation Hall Jazz Band
• Le Preservation Hall Jazz Band, comme son nom l'indique, se pose en gardien de la mémoire du vieux jazz. Celui de Buddy Bolden et de Louis Armstrong, évidemment, de King Oliver, de Papa Celestin, d'Alphonse Picou, de Sidney Bechet et d'autres musiciens qui ont régalé la planète. Tout récemment, les vieux de la vieille se sont produits sur une scène du Newport Folk Festival. Voici une heure et quelques de ritournelles aussi joyeuses qu'intemporelles.
Les vieux à Newport
Les vieux à Newport
Des nouvelles de Watson
• Du saxophoniste alto Bobby Watson, on garde le souvenir du jeu empreint de passion lors de sa prestation, alors qu'il était membre des Jazz Messengers d'Art Blakey, au Soleil Levant il y a plus de trente ans de cela. Soit dit en passant, à l'époque Wynton Marsalis était membre de cette formation. Après son apprentissage auprès du vieux maître, il avait fondé le groupe Horizon. Puis, il eut une offre de l'université de Kansas-City. Plus précisément, on lui proposa le poste de doyen de la faculté de musique. Ceci explique cela: moins d'enregistrements, moins de shows.
• Mais voilà que Watson vient de se signaler en annonçant la première d'une suite en sept parties écrite pour grand orchestre. Le titre de cette composition? The Gates BBQ Suite parce que, dit-il, le BBQ est au Kansas ce que le vin est à la Napa Valley. La publication de l'enregistrement est prévue cet automne. En attendant la parution du CD, le voici avec son sextet au Duc des Lombards à Paris.
• Mais voilà que Watson vient de se signaler en annonçant la première d'une suite en sept parties écrite pour grand orchestre. Le titre de cette composition? The Gates BBQ Suite parce que, dit-il, le BBQ est au Kansas ce que le vin est à la Napa Valley. La publication de l'enregistrement est prévue cet automne. En attendant la parution du CD, le voici avec son sextet au Duc des Lombards à Paris.
Colligan le blogueur
• Il y a un mois environ le pianiste George Colligan accompagnait Jack DeJohnette au Festival de jazz de Montréal. Lorsqu'il n'est pas à ses côtés, il enseigne à la Juilliard School of Music quand ce n'est pas à l'université du Manitoba. Cassandra Wilson comme Buster Williams ou Don Byron font fréquemment appel à ses talents de pianiste. Bref, Colligan est un homme d'expérience.
• On vous raconte cela parce qu'il vient de lancer un blogue, Jazztruth.blogspot. Et alors? À l'instar de celui d'Ethan Iverson, pianiste de The Bad Plus, celui de Colligan c'est le jazz vu de l'intérieur. À preuve, la passionnante entrevue avec le contrebassiste Lonnie Plaxico qui suit.
Colligan et Plaxico
• On vous raconte cela parce qu'il vient de lancer un blogue, Jazztruth.blogspot. Et alors? À l'instar de celui d'Ethan Iverson, pianiste de The Bad Plus, celui de Colligan c'est le jazz vu de l'intérieur. À preuve, la passionnante entrevue avec le contrebassiste Lonnie Plaxico qui suit.
Colligan et Plaxico
dimanche 8 août 2010
Sun Ra à Montréal
• Yes! Le Sun Arkestra, l'orchestre des orchestres, le big-band des «bigues-bandes», dirigé par Marshall Allen, saxophoniste alto toujours aussi incisif qu'intense, Allen le flûtiste, Allen l'exécuteur testamentaire du Roi Soleil depuis que celui-ci a décidé de s'installer sur la planète Jupiter en 1993, Allen, donc, annonce une série de spectacles à Montréal.• Les dates? Le 30 novembre et le 4 décembre, le 7 et le 11 décembre. Dans le cadre du Hymn of Universe (?). Où? D'après les indications données non pas sur le site du groupe mais sur MySpace, c'est quelque part entre le collège Loyola et le boulevard Cavendish. Bizarre? Et comment. Mais bon, quand on aime ce groupe, qu'on le fréquente, cette bizarrerie a quelque chose de très rassurant. Dès qu'on aura toutes les précisions, on vous les communiquera. En attendant, juste savoir qu'ils seront de retour, c'est la fête.
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Jazz à Montréal
Inédits de Coltrane, Monk, Getz...
• Le site socadisc.com propose encore et toujours des DVD inédits. Cette fois-ci, ce distributeur européen annonce un John Coltrane capté live à Antibes, à Baden Baden et à San Francisco, avec McCoy Tyner au piano, Jimmy Garrison à la contrebasse et Elvin Jones à la batterie. Un Monk à Londres en 1965 avec Charlie Rouse au ténor, Larry Gales à la contrebasse et Ben Riley à la batterie. Un Bill Evans à Helsinki en 1970 avec Eddie Gomez à la contrebasse et Marty Morell à la batterie. Un Stan Getz à Stockholm en 1978 avec des accompagnateurs suédois.
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DVD Jazz
La Rage de vivre
• Pendant des années et des années, l'autobiographie du clarinettiste Mezz Mezzrow, intitulée La Rage de vivre, était disponible en Livre de Poche. Puis, allez savoir pourquoi, ce livre essentiel, parce que témoignage aussi unique que flamboyant du jazz des années 20 et 30 et de Chicago en particulier, avait disparu. Il y a peu, il a été réédité par Buchet - Chastel. Pour ceux qui n'auraient pas encore lu cet ouvrage plein de sève, de coups tordus et de rires, c'est une très bonne nouvelle.• Dans sa préface, l'écrivain Henry Miller a eu ces mots qui devraient vous convaincre de l'acheter: «La Rage de vivre nous apporte un puissant et vital message de joie, de joie sans mélange. C'est un livre stimulant et je m'étonne seulement que tous les citoyens des États-Unis d'Amérique (à l'exception peut-être de certains Blancs des provinces du Sud) ne le commentent pas d'une même voix, en glorifiant la paix et le bonheur, la fraternité et la musique.»
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vendredi 6 août 2010
La rue John Hicks
• Qui est allé à New York a fort probablement été habité par l'étonnement toponymique suivant: les trois quarts des rues ont été baptisées à coups de chiffres. Si le recours de l'addition favorise une progression ordonnée de la trame urbaine, elle n'en est pas moins une insulte à l'histoire comme à la poésie. On a toujours été agacé par le peu de cas que les autorités concernées par ces choses se font des musiciens de jazz.• Tout cela pour vous signaler que la municipalité de New York vient de renommer la 134e Rue à Harlem John Hicks. Enfin! Faut-il rappeler que cet immense pianiste, ce pianiste de la finesse, fut autant un accompagnateur hors pair qu'un soliste aussi sensible que... savant. Il appartenait à cette école que Jaky Byard a si bien personnifiée. À savoir qu'il fallait connaître tous les standards comme tous les styles qui ont ponctué l'histoire du jazz.
• Pour saluer sa mémoire, pour saluer la rue John Hicks, on vous propose l'entretien que Hicks eut en 2006 avec Gary Walker, du poste WGBO de Boston.
La rue John Hicks
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lundi 2 août 2010
Barry Harris live au Vanguard
• Savez quoi, les collègues, eh bien Detroit est la véritable capitale du jazz. Oui, oui, oui... Detroit, et non Nueva York, comme disent les Portoricains, est le chef lieu du «djasse» parce que c'est là qu'est... née la plus imposante cohorte de musiciens. Tommy Flanagan, Roland Hanna, Yusef Lateef, Ron Carter, Elvin Jones, son frère Thad, Paul Chambers et d'autres qu'on oublie, mais pas Barry Harris. Le pianiste des pianistes. L'exécuteur testamentaire du bebop. Le vieux professeur. Il y a une semaine il s'est produit au Village Vanguard avec Leroy Williams à la batterie et Ray Drummond à la contrebasse. Voici le premier set.
Harris au Vanguard
Harris au Vanguard
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dimanche 25 juillet 2010
Les palmes de Joe Lovano
• Chaque année, en plein milieu de l'été, le mensuel DownBeat publie les résultats de son référendum auquel participent les critiques répartis dans diverses villes d'Amérique du Nord. Le grand vainqueur d'un exercice qui en est à sa 58e édition? Joe Lovano, sacré meilleur ténor, musicien de l'année, alors que son Joe Lovano Us Five était élu meilleur groupe de l'année. C'est amplement mérité. Au classement de la catégorie musicien de l'année, on a relevé une grande absence, une incongruité: John Zorn n'y figure pas. Enfin... Voici la liste des principaux gagnants:• Musicien de l'année: Lovano, Sonny Rollins, Ornette Coleman.
• Saxophone ténor : Lovano, Sonny Rollins, Chris Potter.
• Groupe de l'année: Lovano Us Five, Keith Jarrett Standards Trio, Branford Marsalis Quartet.
• Hall of Fame: Muhal Richard Abrams, Randy Weston, Lee Konitz.
• Album de l'année: Historicity de Vijay Iyer Trio, Folk Art de Lovano Us Five, Esta Plena de Miguel Zenon.
• Big Band; Maria Schneider, Mingus Big Band, Jazz at Lincoln Center.
• Pianiste: Keith Jarrett, Kenny Barron, Hank Jones.
• Saxophone alto: Lee Konitz, Ornette Coleman, Phil Woods.
• Trompette: Dave Douglas, Wynton Marsalis, Terence Blanchard.
• Trombone: Roswell Rudd, Steve Turre, Wycliffe Gordon.
• Clarinette: Don Byron, Paquito D'Rivera, Anat Cohen.
• Guitare: Bill Frisell, Jim Hall, Pat Metheny.
• Contrebasse: Christian McBride, Dave Holland, Ron Carter.
• Batterie: Roy Haynes, Jack DeJohnette, Paul Motian.
• Producteur: Manfred Eicher, Michael Cuscuna, Bob Belden.
• Label: ECM, Sunnyside, Blue Note.
• Artiste blues: Buddy Guy, B.B. King, Taj Mahal.
• Album blues: Booker's Guitar d'Eric Bibb, Pentatonic d'Otis Taylor, Never Going Back de Shemekia Copeland.
mercredi 21 juillet 2010
Le peuple d'Otis Taylor
• C'est du costaud, très costaud. Ce n'est pas tout a fait blues, ni tout a fait folk, ni totalement country, c'est un peu orientalisant, c'est aussi Indiens d'Amérique avec des accents de bluegrass et des échos pas vagues du tout aux chansons des Appalaches. C'est tout cela en même temps comme simultanément avec tout de même plus de blues que du reste. Il s'agit évidemment d'Otis Taylor, le maître parce qu'inventeur du «trance blues», qui propose un nouvel album intitulé Clovis People Vol 3, paru sur étiquette Telarc.• Avec Corey Harris, Guy Davis, Alvin Younblood et, dans une moindre mesure, Eric Bibb, Taylor, qui est d'ailleurs leur aîné, est autant anthropologue que chanteur, compositeur, guitariste, banjoiste et harmoniciste. Il scrute les temps anciens des Noirs et des Indiens d'Amérique. Et comme il a également la fibre du sociologue, il observe les temps d'aujourd'hui qui lui inspirent des blues révoltés. Il était et reste engagé.
• Le thème de ce nouveau disque lui est venu lorsqu'il a lu dans un quotidien de Denver, Colorado — il habite à Boulder, non loin de Denver —, que des archéologues avaient découvert des outils et autres objets fabriqués par le peuple Clovis qui vivait dans ces environs il y a 15 000 ans. Peuple qui a disparu pour des raisons que l'on ignore encore et toujours.
• Comme souvent, Taylor propose une architecture instrumentale originale: un violon, un violoncelle, une trompette, d'ailleurs entre les mains de l'immense Ron Miles qu'on entend fréquemment auprès de Bill Frisell, une basse, une batterie jouée par le très expérimenté Larry Thompson, une guitare, un banjo et une mandoline.
• Cet album est touchant, très touchant, de bout en bout. Quoi d'autre? Otis Taylor a son univers bien à lui. Il ne ressemble à personne. Il est très singulier. Et ça, c'est si rare qu'il force l'admiration.
• P.-S.: on vous renvoie à son site, où il propose sur la page d'entrée une vidéo d'une dizaine de minutes qui résume bien l'atmosphère de Clovis People.
Otis Taylor
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lundi 19 juillet 2010
Remember Frank Morgan
• Ce n'est pas une nouveauté. Mais voilà, lorsqu'il a été publié, en 2004, il est passé quelque peu inaperçu. Pour dire les choses comme elles ont été, ce disque d'une extrême qualité n'a pas eu le retentissement qu'il méritait et mérite toujours. Il s'agit du volume 3 de la série City Nights. Il s'agit des pièces enregistrées live au Jazz Standard à New York par le saxophoniste alto Frank Morgan. Tous ont été édités par le label High Note.• Dans la catégorie des live proposant au-delà de deux albums, et qui valent des écoutes répétées, sont regroupés ceux de Shelly Manne au Blackhawk, à San Francisco, d'Art Pepper au Village Vanguard, de Stan Getz au Café Montmartre, à Copenhague, et bien évidemment ceux plus récents de Morgan.
• La beauté, la profonde beauté, du jeu défendu par Morgan tient à sa sensibilité, celle plus précisément des pudiques, ainsi qu'à sa maîtrise du silence. De tous ses contemporains jouant de l'alto, Morgan s'est particulièrement distingué par la déclinaison de notes espacées entre elles. Il était zen, chaman, contemplatif. Il était un artisan et un passeur.
• La beauté (bis) du voulme 3 tient également à la qualité de ses accompagnateurs: Georges Cables au piano, Curtis Lundy à la contrebasse et Billy Hart à la batterie. Elle tient également dans le programme, dans le choix très intelligent des morceaux: Georgia On My Mind, Cherokee, Summertime, All Blues, I Mean You, Round Midnight, Equinox et Impressions. Plus qu'un programme, c'est la grande histoire d'une grande époque du jazz.
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dimanche 18 juillet 2010
Charlie Haden par E. Iverson
• Pianiste du trio The Bad Plus, Ethan Iverson est également un chroniqueur. Un chroniqueur plus historien que journaliste. Sur son blogue, il propose de longs entretiens avec ses confrères musiciens qui révèlent d'ailleurs, comme si besoin était, son inclination pour l'éclectisme. Il est curieux de toutes les musiques. De tous les horizons.• Toujours est-il que ces entrevues, c'est comme... C'est de l'intérieur. C'est cela! Des entrevues faites de l'intérieur. Quoi d'autre? Elles sont préparées avec un soin si méticuleux qu'elles mériteraient d'être regroupées dans un gros bouquin. Aujourd'hui, on vous renvoie aux mille et une questions qu'il a posées à Charlie Haden. Il décline avec abondance ses associations avec Ornette Coleman, son Quartet West, les batteurs Billy Higgins, Ed Blackwell, Paul Motian, Keith Jarrett, etc.
Haden par Iverson
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