• Joe Henry est un producteur de goût en plus d'être un auteur-compositeur original. Toujours est-il qu'en tant que producteur, il a réalisé les derniers enregistrements de Mose Allison, Ramblin Jack Elliott et Allen Toussaint. Il n'a pas son pareil, le Henry, pour ranimer des carrières éteintes ou presque. Avant ces trois bonshommes, il a fait une réanimation de première: en un disque et un seul, il a remis sur le devant de la scène la chanteuse Bettye Lavette, dont les accents soul ont une incroyable profondeur. La captation qui suit a été réalisée dans le cadre de la meilleure émission télé du genre: Austin City Limits. Après Lavette, le presque centenaire pianiste de blues Pinetop Perkins joue sa partie avec toujours autant d'aplomb et de... malice.
• Le tromboniste Benny Powell est mort. En furetant sur le site du New York Times, on est tombé sur un papier de Peter Keepnews, d'ailleurs fils d'Orrin dont on parle dans l'article qui suit celui-ci, daté du 3 juillet et qui annonçait que Powell était décédé le 26 juin. Ça nous a fait particulièrement drôle, parce que deux mois auparavant on lui avait serré la main après un show qu'il avait donné avec l'immense Randy Weston au Jazz Standard à New York. En date du 12 mai dernier, on avait signé un texte accompagné d'un documentaire de plus de huit minutes dans lequel Powell se raconte. Vous pouvez le retrouver dans la section «Jazz à New York». Sinon, voici le lien pour l'article de Keepnews. Powell par Keepnews
• C'est quand même curieux. Quoi donc? Le déficit de reconnaissance à l'égard du saxophoniste Cannonball Adderley et du producteur Orrin Keepnews. Chaque fois qu'on lit des articles consacrés aux productions des années 50 et 60, l'étiquetteBlue Note est évidemment évoquée. Bien davantage que Riverside qui affiche pourtant un inventaire incroyable de grands moments dans l'histoire du jazz. • On sait trop peu qu'Adderley mis à part, Keepnews a supervisé un nombre plus important d'enregistrements de Thelonious Monk sur Riverside que sur Blue Note. Qu'il a produit le très fameux Bill Evans Live At The Village Vanguard, des Sonny Rollins, des Red Garland (Yes!), Bobby Timmons, Blue Mitchell, Randy Weston, Johnny Griffin, Wes Montgomery et quantité d'autres artistes. • Parmi toutes ces associations, celle qu'il eut avec Adderley fut à la fois la plus longue et la plus fructueuse. Il y a quarante ans, on écoutait Live At The Hit, Live At The Vanguard, Live At The Jazz Workshop, Live At The Lighthouse, et on les écoute encore et toujours avec autant de plaisir. Car tous ces live mettent en relief qu'à cette époque, de la fin des années 50 au milieu des années 60, sa formation était l'une des meilleures parce qu'elle défendait un style empreint de chaleur et de passion. Dans la vidéo qui suit Spontaneous Combustion, extrait de Live At The Jazz Workshop, Keepnews livre ses confidences sur des enregistrements publics d'Adderley.
• Smalls est un club situé dans Greewnwich Village, au 183 West 10e Avenue pour être exact ou précis. C'est au choix. Il a ouvert en 1993. On se souvient que, pendant une dizaine d'années, il n'y avait qu'un seul employé, qui était en fait le taulier percevant les 10 $ du billet d'entrée. Il n'y avait ni barman, ni serveur. Bref, personne sauf les musiciens, qui jouaient jusqu'aux petites heures du matin, les heures radieuses. • Après un hiatus de quelques années, Smalls a rouvert en 2007. Avec toujours la même politique: donner aux jeunes leur chance. C'est là qu'ont commencé Joshua Redman, Brad Meldhau, Mark Turner, Grant Stewart, Norah Jones, Sam Yahel et beaucoup, beaucoup d'autres. Au fil des ans, Smalls est devenu le point de chute par excellence des musiciens qui, une fois leurs prestations au Village Vanguard ou au Blue Note terminées, y vont jammer. • Plus tôt cette année, le proprio du club a décidé de lancer une étiquette dédiée au live. Ont déjà paru des CD de Kevin Hayes, Peter Bernstein, Steve Davis. Là viennent de paraître un Ryan Kisor, un Seamus Blake et un live du batteur Albert Heath accompagné d'Ethan Iverson au piano et de Ben Street à la contrebasse. Si vous aimez les enregistrements en public, vous allez adorer cette étiquette baptisée tout simplement Smalls Live. D'ailleurs, on y reviendra prochainement. En attendant, voici Pound Cake par Heath-Iverson-Street
• Pour souligner la mémoire d'Abbey Lincoln, le réseau NPR vient de mettre en ligne le premier d'une série d'articles ponctués d'extraits sonores des différents albums qu'elle a enregistrés dans les années 50 et au début des années 60. Les textes publiés par le réseau radio de PBS, le meilleur réseau télé en Amérique du Nord, sont signés Lara Pellegrinelli. • En attendant la suite, Pellegrinelli, qui a bien connu Lincoln. qui l'a fréquentée régulièrement, insiste sur ce qui différencie Lincoln de ses collègues chanteurs. Et alors? Après un premier album logeant à l'enseigne du rose bonbon, elle a décidé d'échapper au piège du «showbiz-business» en composant ses chansons. Elle voulait interpréter SES mots. À lire. C'est instructif. Lincoln par NPR
• Abbey Lincoln n'est plus. Elle avait 80 ans. Abbey n'était pas comme les autres. Pas du tout. De toutes les chanteuses d'aujourd'hui et du hier proche, elle était LA seule qui aurait pu chanter le I'm not Like Everybody Else de Ray Davies, le chroniqueur british. Car effectivement, elle n'était vraiment pas comme les autres. Elle fut engagée, introspective, et digne de ses débuts à la toute fin. Abbey n'a jamais concédé un brin de son libre arbitre. • À la fin des années 50 et au début des suivantes, elle fut en pointe sur le front des droits civiques avec son mari d'alors, le batteur Max Roach. La voix du We Insist! Freedom Now, c'était elle. À l'époque, elle était également actrice. C'est elle qui, par exemple, partage les rôles avec Sidney Poitier dans le film For Love of Ivy. Elle campe la servante d'une famille blanche et aisée. • Dans les années 70 et 80, Abbey Lincoln se tient volontairement en retrait. Puis, au cours de la décennie suivante, l'excellent producteur français Jean-Philippe Allard parvient à la convaincre d'enregistrer de nouveau. Dans une série d'albums remarquables, elle se distingue de ses consœurs et confrères par SES compositions. Ses mots qui se conjuguent toujours avec empathie et mélancolie. Abbey Lincoln, c'est le cas de le dire, était une très grande dame. Amen! Down Here Below par Abbey Lincoln
• C'est une grande et grosse nouvelle qu'on pouvait lire dans le New York Times d'aujourd'hui. Voilà, on vient d'apprendre que le National Jazz Museum, situé à Harlem, vient de faire l'acquisition de la collection William Savory. Mais encore? Dans les années trente, ce dernier a enregistré 1000 retransmissions radiophoniques de shows divers. Savory était musicien mais également, voire surtout, un génie de la technique. • Étant cela, un bidouilleur débrouillard, il avait développé une technique proche du 33 tours à une époque où le 78 tours régnait en maître. Le hic, c'est que, collectionneur jaloux et excentrique, il n'avait jamais voulu que ces enregistrements soient publiés de son vivant. • Toujours est-il que d'ici quelques mois, et à la suite donc de cette acquisition, les amateurs que nous sommes vont enfin pouvoir entendre des inédits — restez calmes! — de Louis Armstrong, Duke Ellington, Coleman Hawkins, Count Basie, Billie Holiday, Lester Young, Bunny Berigan, Benny Goodman, Ella Fitzgerald, Fats Waller et quantité d'autres clochards célestes. • Selon les témoignages recueillis par le New York Times, Savory, né Desavouret, ses parents étaient des immigrants français, était un avant-gardiste sur le plan technique. CQFD: beaucoup des ces 1000 disques sont d'une qualité rare pour l'époque. Bon, la caverne d'Ali Baba vient de s'ouvrir. National Jazz Museum
• Au fond, c'est à se demander si Bo Ramsey n'est pas l'alchimiste en chef de ces sensibilités musicales qui composent l'americana ou roots, ou on ne sait trop quoi. Bref, il s'agit de ce mélange fait de blues, de country, de folk, de marguerites, de truites, de bières fraîches et de fraises sauvages. T'sais veux dire. • Toujours est-il que Bo Ramsey, né dans l'Iowa entre deux champs de maïs, comme son vieux complice le chanteur et guitariste Greg Brown, est l'archétype de ce musicien que vous pensez ne pas connaître alors que vous le connaissez fort bien si vous connaissez Lucinda Williams, Mark Knopfler, Calexico, Pietra Brown ou encore les artistes liés au label Red House Records, qui a d'ailleurs été fondé en 1981 par Brown. De-que-cé? Ramsey est le producteur de biens des albums publiés par cet excellent label. • L'ennui avec Ramsey, c'est qu'il met ses talents de guitariste si souvent au profit des autres qu'on est moins au parfum des airs qu'il compose, des mots qu'il écrit pour lui. Bref, ses disques sont trop méconnus. On pense notamment à l'admirable Fragile publié il y a un an ou encore à In The Weeds ou à l'admirable Stranger Blues. Aussi, quand on est tombé sur la vidéo qui suit... Bo Ramsey
• Ce mois-ci, Jazz Magazine/JazzMan propose un long dossier — 25 pages — à Herbie Hancock. C'est bien simple, il s'agit d'un arrêt en mots et en images sur les 50 ans de carrière de ce pianiste, compositeur, producteur. Hancock mis à part, il est question de la passion du dessinateur Siné pour le jazz de Terri Lyne Carrington, Lenny White, le batteur de la fusion, du guitariste Lionel Loueke. À la dernière page de ce numéro, on est tombé sur un portrait du trompettiste Booker Little. Cet article est un régal. • «Sans doute fallait-il un trompettiste hors du commun pour consoler Max Roach de la disparition brutale de Clifford Brown... mais le remplacer dans son quintet n'était pas une mince affaire. Le batteur commença par engager provisoirement Donald Byrd puis Kenny Dorham,avant de trouver en Booker Little le successeur adéquat.» Suit une vidéo enregistrée en 1958 avec Roach et Booker:
• Après le pianiste Barry Harris, voilà que le saxophoniste Greg Osby et ses complices se sont installés au Village Vanguard. Et comme d'habitude le réseau NPR a enregistré la prestation de ce vétéran qui n'en a pas l'air. À la batterie, on retrouve Terri Lyne Carrington, la contrebasse est entre les mains de Joseph Lepore, la guitare entre celles de Nir Felder, et puis, et puis, au piano il y a le grand Marc Copland. • Le programme de ce set de plus d'une heure est le suivant: le standard Night And Day, Autumn Wind et Round She Goes de Copland, Ask Me Now de Monk, Vertical Hold et Please Stand By d'Osby himself. Osby au Vanguard
• Pinetop Perkins et Willie Smith, dit Big Eyes, sont vieux. Le premier bien davantage que le second puisque le 13 jullet dernier il a eu 97 ans. À bien des égards d'ailleurs, Perkins est au blues ce que fut Eubie Blake au jazz en général et au ragtime en particulier. Ah oui... l'âge de «Gros yeux»? 76 ans. Tous les deux se sont connus lorsque Smith, après un intermède de trois ans au cours desquels il «chauffait» un taxi dans la Ville des vents, Chicago évidemment, a réintégré la bande menée par Muddy Waters, l'auteur de I'm A Rolling Stone. Smith était alors le batteur, Perkins le pianiste. • Après la mort des «Eaux boueuses», celles du Mississippi il va sans dire, Perkins, lui aussi originaire du Mississippi, et Smith, lui vient de l'Arkansa, se sont retrouvés au sein du Legendary Blues Band avant d'enregistrer Joined At The Hip que l'étiquette Telarc vient de publier. Ils étaient accompagnés de Kenny Smith, dit Big Smile, qui est le fils de Big Eyes, de Bob Stroger, bassiste vétéran de la scène de Chicago, de Little Frank Krakowski à la guitare et surtout, surtout, John Primer à l'autre guitare. • Le résultat est... comment dire? C'est frais, plein de fraîcheur. Cela paraîtra étrange, mais les vieux ont fait quelque chose de frais parce qu'ils ont fait du neuf avec du vieux. Si les rythmes, les mélodies, ne nous sont pas étrangères, les mots le sont, Smith ayant composé la majorité des morceaux. Autrement dit, il ne s'agit pas d'un album reprenant les Mannish Boy et autres Same Thing de Waters. Quoi d'autre? Pour cette production, Smith joue de ce qui fut son premier instrument: l'harmonica. Joined At The Hip symbolise à lui seul ce qu'on entend par Chicago Blues versant South Side.
• Le Preservation Hall Jazz Band, comme son nom l'indique, se pose en gardien de la mémoire du vieux jazz. Celui de Buddy Bolden et de Louis Armstrong, évidemment, de King Oliver, de Papa Celestin,d'Alphonse Picou, de Sidney Bechet et d'autres musiciens qui ont régalé la planète. Tout récemment, les vieux de la vieille se sont produits sur une scène du Newport Folk Festival. Voici une heure et quelques de ritournelles aussi joyeuses qu'intemporelles. Les vieux à Newport
• Du saxophoniste alto Bobby Watson,on garde le souvenir du jeu empreint de passion lors de sa prestation, alors qu'il était membre des Jazz Messengers d'Art Blakey, au Soleil Levant il y a plus de trente ans de cela. Soit dit en passant, à l'époque Wynton Marsalis était membre de cette formation. Après son apprentissage auprès du vieux maître, il avait fondé le groupe Horizon. Puis, il eut une offre de l'université de Kansas-City. Plus précisément, on lui proposa le poste de doyen de la faculté de musique. Ceci explique cela: moins d'enregistrements, moins de shows. • Mais voilà que Watson vient de se signaler en annonçant la première d'une suite en sept parties écrite pour grand orchestre. Le titre de cette composition? The Gates BBQ Suite parce que, dit-il, le BBQ est au Kansas ce que le vin est à la Napa Valley. La publication de l'enregistrement est prévue cet automne. En attendant la parution du CD, le voici avec son sextet au Duc des Lombards à Paris.
• Il y a un mois environ le pianiste George Colligan accompagnait Jack DeJohnette au Festival de jazz de Montréal. Lorsqu'il n'est pas à ses côtés, il enseigne à la Juilliard School of Music quand ce n'est pas à l'université du Manitoba. Cassandra Wilson comme Buster Williams ou Don Byron font fréquemment appel à ses talents de pianiste. Bref, Colligan est un homme d'expérience. • On vous raconte cela parce qu'il vient de lancer un blogue, Jazztruth.blogspot. Et alors? À l'instar de celui d'Ethan Iverson, pianiste de The Bad Plus, celui de Colligan c'est le jazz vu de l'intérieur. À preuve, la passionnante entrevue avec le contrebassiste Lonnie Plaxico qui suit. Colligan et Plaxico
• Yes! Le Sun Arkestra, l'orchestre des orchestres, le big-band des «bigues-bandes», dirigé par Marshall Allen, saxophoniste alto toujours aussi incisif qu'intense, Allen le flûtiste, Allen l'exécuteur testamentaire du Roi Soleil depuis que celui-ci a décidé de s'installer sur la planète Jupiter en 1993, Allen, donc, annonce une série de spectacles à Montréal. • Les dates? Le 30 novembre et le 4 décembre, le 7 et le 11 décembre. Dans le cadre du Hymn of Universe (?). Où? D'après les indications données non pas sur le site du groupe mais sur MySpace, c'est quelque part entre le collège Loyola et le boulevard Cavendish. Bizarre? Et comment. Mais bon, quand on aime ce groupe, qu'on le fréquente, cette bizarrerie a quelque chose de très rassurant. Dès qu'on aura toutes les précisions, on vous les communiquera. En attendant, juste savoir qu'ils seront de retour, c'est la fête.
• Le site socadisc.com propose encore et toujours des DVD inédits. Cette fois-ci, ce distributeur européen annonce un John Coltrane capté live à Antibes, à Baden Baden et à San Francisco, avec McCoy Tyner au piano, Jimmy Garrison à la contrebasse et Elvin Jones à la batterie. Un Monk à Londres en 1965 avec Charlie Rouse au ténor, Larry Gales à la contrebasse et Ben Riley à la batterie. Un Bill Evans à Helsinki en 1970 avec Eddie Gomez à la contrebasse et Marty Morell à la batterie. Un Stan Getz à Stockholm en 1978 avec des accompagnateurs suédois.
• Pendant des années et des années, l'autobiographie du clarinettiste Mezz Mezzrow, intitulée La Rage de vivre, était disponible en Livre de Poche. Puis, allez savoir pourquoi, ce livre essentiel, parce que témoignage aussi unique que flamboyant du jazz des années 20 et 30 et de Chicago en particulier, avait disparu. Il y a peu, il a été réédité par Buchet - Chastel. Pour ceux qui n'auraient pas encore lu cet ouvrage plein de sève, de coups tordus et de rires, c'est une très bonne nouvelle. • Dans sa préface, l'écrivain Henry Miller a eu ces mots qui devraient vous convaincre de l'acheter: «La Rage de vivre nous apporte un puissant et vital message de joie, de joie sans mélange. C'est un livre stimulant et je m'étonne seulement que tous les citoyens des États-Unis d'Amérique (à l'exception peut-être de certains Blancs des provinces du Sud) ne le commentent pas d'une même voix, en glorifiant la paix et le bonheur, la fraternité et la musique.»
• Qui est allé à New York a fort probablement été habité par l'étonnement toponymique suivant: les trois quarts des rues ont été baptisées à coups de chiffres. Si le recours de l'addition favorise une progression ordonnée de la trame urbaine, elle n'en est pas moins une insulte à l'histoire comme à la poésie. On a toujours été agacé par le peu de cas que les autorités concernées par ces choses se font des musiciens de jazz. • Tout cela pour vous signaler que la municipalité de New York vient de renommer la 134e Rue à Harlem John Hicks. Enfin! Faut-il rappeler que cet immense pianiste, ce pianiste de la finesse, fut autant un accompagnateur hors pair qu'un soliste aussi sensible que... savant. Il appartenait à cette école que Jaky Byard a si bien personnifiée. À savoir qu'il fallait connaître tous les standards comme tous les styles qui ont ponctué l'histoire du jazz. • Pour saluer sa mémoire, pour saluer la rue John Hicks, on vous propose l'entretien que Hicks eut en 2006 avec Gary Walker, du poste WGBO de Boston. La rue John Hicks
• Savez quoi, les collègues, eh bien Detroit est la véritable capitale du jazz. Oui, oui, oui... Detroit, et non Nueva York, comme disent les Portoricains, est le chef lieu du «djasse» parce que c'est là qu'est... née la plus imposante cohorte de musiciens. Tommy Flanagan, Roland Hanna, Yusef Lateef, Ron Carter, Elvin Jones, son frère Thad, Paul Chambers et d'autres qu'on oublie, mais pas Barry Harris. Le pianiste des pianistes. L'exécuteur testamentaire du bebop. Le vieux professeur. Il y a une semaine il s'est produit au Village Vanguard avec Leroy Williams à la batterie et Ray Drummond à la contrebasse. Voici le premier set. Harris au Vanguard
Serge Truffaut est journaliste au Devoir depuis des lunes. Il a signé des centaines de chroniques consacrées au jazz et au blues, après avoir vu, entendu et échangé avec Dexter Gordon, Archie Shepp, John Zorn, Duke Robillard et autres architectes de cet univers sonore si singulier qu'il souhaite cartographier pour vous et avec vous.